Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 14:44

Nous connaissons la capacité de Nicolas Sarkozy à sortir des lapins de son chapeau. L'un des derniers,  sorti dimanche, concerne l'augmentation de 30% du COS (coefficient d'occupation des sols ) avec possibilité pour chaque propriétaire d'agrandir ou de surélever son logement dans la limite de 30%. cette mesure serait valable pour trois ans.

L'un des reproches que l'on peut faire au pas-encore-candidat-mais-toujours-président, c'est de lancer des idées à la hâte sans en mesurer exactement les conséquences. Ce qui explique que beaucoup de ses propositions en restent à l'effet d'annonce ou disparaissent dans la confusion ou dans l'oubli. 

Examinons l'idée en détail

Arguments pour : 

- Cela fera baisser le prix des logements et favoriser la croissance. "cela va donner un travail formidable à toute l'industrie du bâtiment" a dit le chef de l'état.

- Les surélévations de pavillon sont une densification douce acceptable pour les adversaires du bétonnage. Il évitent l'étalement urbain ( l'équivalent d'un département disparait tous les 7 ans sous le bitume )

Arguments contre : Cette mesure risque d'une part de faire monter le prix du foncier de 30% et d'être d'autre part  une incitation immédiate à la rétention en attendant de voir comment les choses tournent. le patrimoine des propriétaires va augmenter de valeur mais ce n'est pas pour autant qu'ils seront davantage incités à vendre. Ils seront seulement plus riches.

Les surélévations de pavillon créent des logements plus grands mais n'augmentent pas leur nombre

Un COS qui détermine la densité de construction admise ça sert à éviter le tout et le n'importe quoi dans la construction. Avec cette possibilité de surélever, il va falloir s'attendre au pire en matière d'urbanisme bien qu'il faille se rappeler, au passage, que les fondations de certains bâtiments ne sont pas en mesure d'assurer le surpoids d'une surélévation de 30% qui nécessiterait des reprises en sous-œuvre coûteuses. Ce qui n'inciterait pas forcément à surélever.


Questions : est-ce que construire plus va régler l'accès au logement des classes populaires ?

Que va-t-il se passer pour les PLU ( plans locaux d'urbanisme) qui n'ont même pas de COS  ?

Beaucoup de communes ne souhaitent pas densifier. Si le maire ne veut pas densifier, l'État le lui imposera et le maire devra prendre une délibération. Mais l'état prendra-t-il le risque de se mettre à dos 36 000 élus en leurs imposant ses vues ?

 

 : L'économiste Vincent Renard remarque : "L’Espagne, où l’on a fondamentalement libéralisé le sol en construisant n’importe où, est le parfait contre-exemple de ce type de lois d’inspiration très libérale qui conduisent à l’inverse de ce qui est imaginé au départ : grands ensembles vides, spéculation éhontée, gens endettés sur 40 ans… » 

Selon lui, c'est l'ensemble du problème qu'il faut revoir afin de mettre en place « des programmes structurés, avec échéanciers et un impôt foncier sur les terrains à bâtir ». « C'est la seule façon de mobiliser du foncier et de faire baisser le coût du logement, conclut-il. Le reste n'est qu'illusoire. »

À noter également que " La proposition de M. Sarkozy d'augmenter de 30 % le coefficient d'occupation des sols (COS) voit sa portée limitée par un décret portant sur le calcul des surfaces habitables, paru le 29 décembre 2011 et qui doit entrer en vigueur le 1er mars." (...) Concrètement, ce décret modifie le calcul de l'emprise au sol des maisons individuelles : il faut désormais  inclure tout ce qui dépasse du bâtiment, c'est-à-dire les garages sous abri, les débords de toiture (quatre-vingts centimètres en montagne contre vingt centimètres à Paris), les pergolas, les terrasses couvertes, etc. Autrement dit, pour construire une maison de 100 mètres carrés de surface habitable, il faut désormais obtenir un permis de construire de 110, 120 voire 130 mètres carrés, selon la configuration du projet. Augmenter le COS de 30 %, comme le préconise M. Sarkozy, permettra donc peu ou prou de revenir à la situation antérieure pour les maisons individuelles, mais aucunement de booster l'offre de logement. ( Le Monde de ce jour )

À vous de juger !

SOURCE : article de médiapartsous la plume d'Ellen Salvi " Logement : le nouveau cadeau de Nicolas Sarkozy aux propriétaires.

article de Libé : Logement : une réforme à la truelle.

Article dans Le Monde de ce jour

Par GIHER - Publié dans : économie - Communauté : Humeurs
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 08:51

La perspective d'une défaite à l'élection présidentielle de mai bouleverse le chef de l'état. Nous avons  droit depuis quelques jours à des effets d'annonce de projets sociaux précipités qui vont encore s'accélérer dans les jours qui viennent et qui soulèveront la question basique : Pourquoi ne les a t-il pas proposées plus tôt ? Simplement parce qu'il sent qu'il a le feu aux fesses, camarades !

 On assiste même à un début d'auto-critique ( si, si) par exemple au sujet de Rachida Dati et de Rama Yade en reconnaissant qu'il s'était un peu hâté en les propulsant au premier plan, Ce n'était pas le moment opportun ( le kairos disaient les grecs) ou encore en ce qui concerne son fils Jean qui briguait la présidence de l'EPAD. Il regrette. Mais que regrette-t-il en fait ? Que cette histoire ait beaucoup fait souffrir son fils et qu'il n'imaginait pas que cela déclencherait un tel tollé. Mais pas du tout qu'il s'agissait d'un bel exercice de népotisme arrogant et d'un abus de pouvoir qui ne pouvait que lui retomber sur le nez. Ce qui étonne et même inquiète, c'est cette absence de lucidité, vertu essentielle que l'on attend au minimum d'un chef d'état. Ce président à commis deux grandes erreurs. La première c'est justement d'avoir négligé le kairos des grecs. Il n'a jamais été dans le moment opportun. Toujours trop tôt par précipitation ou trop tard par urgence.  La seconde erreur  c'est d'avoir cru que les 53% de suffrages dont il  bénéficia en 2007 faisaient de lui un homme d'état aimé des Français. La réalité, c'est que les Français dans leur majorité le détestent, je dit bien " le détestent" et pas seulement le désapprouvent. Cette détestation à été reconnue récemment par Luc Ferry et aussi par le ministre Thierry Mariani. C'est difficilement rattrapable car il lui reste trois mois pour considérer et aimer les Français, premier pas pour être aimé lui-même. Ça fait juste. Alors, je sais qu'on dit que l'on ne fait pas de bonne politique avec de bons sentiments. Ça demande à être vérifié. Mais ce qui est sûr, on le sait maintenant,  c'est qu'on peut faire de la mauvaise politique avec de mauvais sentiments.

Par GIHER - Publié dans : politique - Communauté : Humeurs
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 10:38

Les commentateurs politiques ont beaucoup glosé sur la gestuelle de François Hollande qu'on dit copiée sur celle de François Mitterrand. Mais à y regarder de plus près s'il y a en effet des similitudes, peut-être un hommage de second degré, ses propositions nettement sociales-démocrates l'apparenteraient davantage à Pierre Mendès-France qui fut l'un des très rares hommes politiques pour lesquels j'éprouve une grande estime . Bien qu'il fut réaliste Mendès-France n'a jamais transigé sur l'éthique qui devait être celle d'un homme de gauche. Il  a signé les accords de paix avec l'Indochine,négocié l'indépendance de la Tunisie,  induit celle du Maroc , amorcé la réconciliation avec l'Allemagne en rencontrant Conrad Adenauer un peu plus tard. On lui a reproché d'estimer que l'Algérie était la France, dans le contexte de l'époque, mais il insistait sur la nécessité d'une « coopération généreuse que la métropole doit créer pour une vie meilleure en Algérie, amélioration des terres incultes etc. » Pendant les sept mois et 17 jours où il fut président du Conseil, mandat qui fut l'un des moments forts de la IVe république il inaugura une nouvelle forme de dialogue avec les Français en s'exprimant tous les samedis sur les ondes pour expliquer sa politique. Le mandat de Mendès-France fut marqué par la rigueur et par un sens profond de la négociation, par la droiture et par une très haute idée de la fonction politique. Il disait :

" Un homme politique peut laisser se distendre, s'amenuiser les relations et les dialogues affectueux entre lui et ceux qu'il représente : il restera peut-être député, ministre, voire président du Conseil, mais quelle que soit l'ampleur de sa tâche et de ses responsabilités, il ne pourra rien réunir s'il n'a pas derrière lui (...) l'immense volonté, l'immense attachement et la confiance du pays. (...) Ce gouvernement doit être le leur, ce gouvernement doit être près d'eux, précisément parce qu'ils ont trop souffert dans le passé et que leur condition reste la plus difficile : notre volonté est de leur faire sentir qu'un gouvernement républicain, qu'un gouvernement de justice doit avant tout se pencher sur le sort de ceux qui ont le plus besoin de la solidarité et de l'affection de la nation tout entière...

Il disait aussi :le régime républicain (doit être) fondé sur les relations étroites qui seules permettent la franchise réciproque la plus complète ; celle du gouvernement qui explique sa politique, jour après jour, qui ne biaise pas, qui ne dissimule pas et qui n'hésite pas à faire fond sur le bon sens, le courage et la foi du pays ; celle du Parlement qui exprime fidèlement la volonté populaire et la fait respecter et celle du pays tout entier qui doit choisir son destin en pleine connaissance de cause pour l'accomplir d'une volonté affermie. "

Dans son message à la jeunesse prononcé le 22 décembre 1955 à la télévision il affirmait ceci :

L'efficacité du régime républicain, du régime de liberté, ses chances de survie et de prospérité dépendent donc des liens qu'il saura créer entre la jeunesse et lui. Si notre République ne sait pas capter, canaliser, absorber les ambitions et les espoirs de la jeunesse, elle périclitera, elle perdra de plus en plus son sens et sa justification, elle se dissoudra ; mais si elle sait s'y adapter, si elle est capable de comprendre l'espérance des filles et des garçons de France, d'épouser cette espérance, de la servir dans chacune de ses décisions, alors elle n'aura rien à craindre des aventuriers, des démagogues, des extrémistes, car elle sera toujours plus forte et plus vivante, portée par sa jeunesse, ardemment défendue, et chaque jour renouvelée par elle.

Alors François Hollande , plus proche de Mendès ou de Mitterrand  ?

Par GIHER - Publié dans : politique - Communauté : Libre pensée politique
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 23:57

je lis ceci dans une dépêche AFP :

 

"François Hollande a promis jeudi une réforme fiscale encore vague, incluant des hausses d'impôts concentrées sur les hauts revenus, qui permettent, selon des experts, de remettre un peu de justice dans le système, au risque, d'après d'autres, de faire fuir les plus aisés. "

Terrible menace en effet !

Quelques questions  viennent immédiatement à l'esprit :

Est-ce que les "pluzézés", n'ont pas déjà pris leurs dispositions et même du temps de Sarkozy, pour mettre leurs avoirs à l'abri du fisc ? N'existe-t-il pas des moyens  comme on nous l'avait promis d'ailleurs pour les dissuader de le faire ? 

Et dans le cas où ils décideraient de s'évader fiscalement ne pourrait-on pas se poser des questions sur leur honnêteté, leur patriotisme, leur capacité à jouer le jeu afin de "remettre un peu de justice dans le système" ? De la même manière qu'il existe des patrons voyous n'existerait- t-il pas des contribuables voyous principalement chez les "pluzézés" ? L'argument des experts qui craignent de voir fuir ces "pluzézés" semble sous-entendre deux choses :

1) que les pluzézés sont d'honnêtes gens pas forcément très scrupuleux

2) que la délinquance de l'évasion fiscale est moins grave qu'un vol de voiture ou un cambriolage

Par GIHER - Publié dans : économie - Communauté : Humeurs
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 11:34

Les lois mémorielles sont-elles une erreur? Pour ma part , je pense que reconnaître la réalité d'un génocide par un état est  suffisant. Maintenant si les génocides sont contestés aussi bien qualitativement que quantitativement, il ne manque pas de gens informés et talentueux pour contester cette contestation. C'est un processus démocratique. N'importe qui a le droit d'émettre un mensonge ou une inexactitude ( les politiques en commentent 100 par jour). Cela n'a rien de grave en soi si la parole est donnée à ceux qui la réfutent. Bien que l'on puisse se demander s'il est vraiment nécessaire de réfuter une affirmation qui ne mérite qu'un haussement d'épaules, en lui donnant une importance qui est du pain béni pour ceux qui la professent. Le génocide étant reconnu officiellement et, à présent, sa contestation sanctionnée par la loi , tous ceux qui le contestent ou le minimisent se trouvent placés sous le coup de cette loi. C'est une évidente atteinte à la liberté d'expression et cela institut un fait comme historique incontestable, et non nuançable, en fermant la porte à la recherche historique, et en accordant à ce fait un statut judiciaire. Ce qui n'est pas le rôle du parlement . C'est l'avis de Robert Badinter : ( " Ce n'est pas au parlementaires de dire l'histoire") et qui estime que cette loi est anticonstitutionnelle. Maintenant, je ne suis pas sûr de la pureté d'intention des instigateurs de cette loi qui arrive dans l'urgence à 3 mois du premier tour de l'élection présidentielle !  il faut se souvenir que les Arméniens de France représentent plusieurs centaines de milliers de voix dont Nicolas Sarkozy aurait bien besoin !

Par GIHER - Publié dans : société - Communauté : Humeurs
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Michel de Montaigne 

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