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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 14:44

On sait depuis longtemps que la fraude fiscale et les paradis fiscaux plombent  l'économie de notre pays et pas seulement du nôtre. Nicolas Sarkozy avait promis d'éradiquer les paradis fiscaux ( "Les paradis fiscaux c'est terminé ") ce n'était qu'un effet d'annonce. Il n'a pas entrepris cette révolution qui bouleverserait la logique systémique de la finance.

"Les ordres de grandeur des sommes détournées donnent le vertige, écrit le collectif pour un audit citoyen de la dette publique,: la Commission européenne estime que 1 000 milliards d’euros échappent chaque année aux fiscs européens, soit 7 % du PIB de l’UE. Cela correspond pour la France, à 140 milliards d’euros par an, deux fois le montant de l’actuel déficit public.

La lutte résolue pour éradiquer les paradis fiscaux, qu’a annoncée François Hollande, rendrait donc inutile la poursuite des politiques de restriction budgétaire : même en ne récupérant que la moitié des sommes en jeu, l’équilibre budgétaire serait rétabli sans sacrifier les retraites, les emplois publics ou les investissements écologiques d’avenir."

Intéressant, non ?

Voyons si F. Hollande qui a tellement reculé depuis son élection tiendra parole. Les espoirs son faibles. Lorsque la mesure espérée passera à la moulinette des lobbys, de l'Europe, voire du G20, Il risque de n'en pas rester lourd.

 

Source : Libération. rubrique "rebonds" du 30/4/2013

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 10:44

Il est légitime de se poser des questions sur la dette. Vient-elle d'une orgie de dépenses publiques, ou plutôt de l'érosion organisée des recettes fiscales comme le pense Attac ?, ou des deux ?

Les états on mis le doigt dans une spirale infernale en empruntant sur les marchés financiers pour financer ces déficits en payant des taux d'intérêts souvent scandaleux. la crise de 2008, la récession et le sauvetage des banques en ont remis une couche. Les plans d'austérité des États payés par les citoyens pour combattre la crise financière nous enfoncent dans la récession. Que font les états pour combattre la mainmise des marchés financiers ? Les politiques d'austérités de plus en plus mises en causes par nombre d'économistes  ne nous mènent elles pas tout droit à la catastrophe qui nous pend au nez ?

Que peut réellement Hollande qui doit s'attaquer au problème sur le long terme, alors que c'est le court terme qui est dominant dans l'esprit de presque tous bien qu'il soit une solution démagogique qui ne peut pas nous mener bien loin ?  Et surtout que peut-il tout seul, Hollande ?

Il n'est pas responsable de la panade dans laquelle se trouve l'Europe , tout comme Sarkozy n'était pas responsable de la crise. Cependant on semble oublier que sous son quinquennat la dette publique a augmenté de 600 milliards d'euros si l'on compte les retombées jusqu'à fin 2012 d'un budget déjà voté avant l'arrivée de Hollande. L'actuel président a donc hérité d'une situation financière très dégradée. On peut lui reprocher un déficit de communication, et bon nombre de maladresses, de ne pas suffisamment  mettre en valeur ce qu'il fait de bien notamment sur le plan sociétal,  qui est mesurable à l'acharnement de la droite et de l'extrême-droite et aussi , hélas, de l'extrême gauche à taper à bras raccourcis sur ses bonnes initiatives, mais il est injuste de dire qu'il ne fait rien. simplement il ne peut rien faire sur le plan économique sans les autres, ce qui renseigne sur la cohésion de  l'Europe. S'il n'est pas interdit de critiquer le gouvernement actuel sur tel ou tel point, ( et parfois je m'y colle par agacement et répugnance de l'inconditionnalité) et de stigmatiser les promesses non tenues et les reculades, j'estime que Hollande a plus besoin d'être aidé que démoli systématiquement par une opposition très occupée au plus fort de la tempête à provoquer des brèches dans la coque d'un navire  sur lequel elle se trouve et qui fait fi des intérêts du pays au bénéfice de ses ambitions. La droite classique qui sort d'une impressionnante série de défaites électorales consécutives et qui n'a pas fait la preuve, loin de là, de sa capacité à redresser le pays, prétend à présent le faire en tablant sur l'oubli qui est la force principale des politiques. On peut avoir des doutes. 

L'attitude de l'opposition me fait penser à la fable du scorpion traversant la rivière, après négociation, sur le dos de la tortue et qui pique la dite tortue en coulant avec elle. "Pourquoi" dit la tortue ?  " C'est plus fort que moi" répond le scorpion !

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 17:46

Comment les Français vivent-ils la crise ? Pour beaucoup d'entre-eux comme une fatalité tombée du ciel. Ce qui fait oublier d'où vient cette crise, quelles en sont les sources. Nicolas Sarkozy l'avait désignée comme provenant d'un capitalisme immoral par référence à un capitalisme moral (!). François Hollande avait même déclaré pendant la campagne présidentielle que son adversaire était la finance c'est-à-dire la spéculation financière. Celle qui ne produit rien qui n'aide pas au développement de  l'économie, mais qui fait de l'argent à partir de rien. Depuis il a beaucoup reculé, parce que les maîtres du monde ne sont pas les états mais la finance sans loi autre que la sienne. Affectés par la crise des subprimes dont-ils portent la responsabilité, sauvés par les états, c'est-à-dire les citoyens, les établissements financiers affichent aujourd'hui une prospérité insolante. J'aimerais savoir ce que les socialistes ont fait de vraiment concret jusqu'à présent pour lutter contre cette finance qu'Hollande désignait comme sont principal adversaire ?

"Est-il normal que l’Etat donne sa garantie à 9.000 traders pour qu’ils continuent à spéculer sans risque avec des revenus scandaleux alors que 60 millions de Français se serrent la ceinture ?" C’est la question que posait un député mardi soir lors de la réunion organisée par le collectif à l’Assemblée Nationale à la veille de l’arrivée de la loi bancaire en Commission des finances et à une semaine de son arrivée devant les députés en première lecture.

Cette loi est un leurre . "C'est comme si la loi de séparation de l'église et de l'état avait été rédigée par des évêques," écrit Libération. Il est clair qu'avec une loi pareille les banquiers peuvent dormir sur leurs deux oreilles

À l'initiative du collectif Roosevelt, plus de 25 000 personnes et une dizaine de réseaux ont déjà rejoint l'appel pour une vraie séparation des banques sur le site www.monadversairecestlafinance.fr.  qui informe sur la réalité de la loi et  sur ses insuffisances. À vous de voir.

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 18:32

Cynthia Fleury membre du collectif Roosevelt a fait parvenir à Jean-Marc Ayrault membre du collectif Roosevelt, via La rubrique rebonds de Libération, la lettre suivante.

Prenez le temps de la lire. 

Peu d’associations civiles peuvent s’honorer d’avoir dans leurs pétitionnaires un Premier ministre. Si surprenant que cela puisse paraître, Monsieur le Premier ministre, vous êtes cet homme, et nous, collectif Roosevelt, nous sommes cette heureuse association. Un bonheur n’arrivant jamais seul, Monsieur Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif de la France, vous a également emboîté le pas en rejoignant Roosevelt.

Le propos de cette lettre ouverte est simple : avez-vous seulement lu ce que vous avez signé ? Et si oui, pourquoi ne vous en inspirez-vous pas pour conduire votre politique ?

Le collectif Roosevelt compte plus de 87 000 signataires et son diagnostic de la crise que nous traversons depuis 2008 stipule que celle-ci n’est pas une crise de l’Etat-providence et de la dépense publique, mais une crise du capitalisme dérégulé et de l’effondrement organisé des ressources publiques depuis les années Reagan. En trente ans, ce sont des sommes considérables qui sont parties vers les marchés financiers, au lieu d’aller aux salariés, donc aussi à l’Etat via la TVA. L’Europe risque d’éclater en nouveaux Balkans depuis des mois, précisément parce qu’elle s’épuise à trouver quelques centaines de milliards d’euros pour sauver la Grèce, alors que la fortune cumulée des 0,2 % les plus riches de la planète est estimée à 39 000 milliards d’euros. Inutile de modifier les traités européens pour cela, la Banque centrale européenne (BCE) peut prêter sans limites aux organismes publics de crédit (article 21.3 du statut du système européen des Banques centrales) et aux organisations internationales (article 23 du même statut). Elle peut donc prêter à 0,01 % à la Banque européenne d’investissement (BEI), à la Caisse des dépôts ou à telle ou telle banque publique nationale, qui, elles, peuvent prêter à 0,02 % aux Etats, qui s’endettent pour rembourser leurs vieilles dettes.

Faut-il le rappeler encore, la Réserve fédérale américaine (Fed) a prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards de dollars au taux de 0,01 %, alors qu’au même moment, les mêmes banques prêtaient aux Etats en difficulté à des taux de 6 %, 7 % ou 11 %. «Etre gouverné par l’argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé», affirmait Roosevelt. Lorsqu’il arrive au pouvoir, il y a 14 millions de chômeurs, une production industrielle qui a diminué de 45 %, un désarroi immense de l’Amérique. Il va alors séparer les banques de dépôt et celles d’affaires, créer un impôt fédéral sur les bénéfices, augmenter le taux d’impôt applicable aux citoyens les plus riches en le faisant passer de 25 % à 63 % puis à 79 %, et faire voter quinze réformes structurelles. Autre temps, autres solutions, penserez-vous. Et pourtant, dans un contexte où la dette des Etats-Unis dépasse désormais les 350 % du PIB, où la bulle immobilière de la Chine est inéluctable, où les banques chinoises titrisent leurs mauvaises dettes, où l’investissement militaire chinois a augmenté de 189 % en dix ans, tout est en place pour que les leçons de l’Histoire redeviennent amères.

En France, le gouvernement vient de présenter en Conseil des ministres un projet de loi a minima de séparation des activités bancaires, qui sera à l’agenda parlementaire en février 2013. A l’occasion de sa réforme bancaire en 1936, Franklin Roosevelt déclarait sur Madison Square : «Nous avons dû lutter contre les vieux ennemis de la paix, le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse […]. Ils sont unanimes dans leur haine contre moi. Et leur haine me réjouit.» A l’inverse, Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie, soutenait : «Partout je privilégierai le consensus. Mon rôle n’est pas de déstabiliser le secteur dont j’ai la charge.» Privilégier le consensus bancaire sauvera-t-il seulement le compromis social et démocratique ?

L’Alter Summit à Florence, célébrant les 10 ans du premier forum social européen (2002), n’a eu de cesse de rappeler qu’en Allemagne, le recul social imposé aux salariés a été sans précédent depuis dix ans : le premier décile ne gagne que 259 euros par mois, tandis que le second décile ne dépasse pas les 620 euros. Il ne s’agit donc pas, pour nous, d’obtempérer à l’illusoire compétitivité qui s’appuie sur la baisse du coût du travail. On relance le débat sur les 35 heures, mais faut-il rappeler que la réforme «Hartz IV» a conduit à une telle multiplication des petits boulots que la durée moyenne du travail est tombée à moins de 31 heures. Pour la première fois, les Européens sont descendus dans la rue, en France, en Italie, en Espagne, en Grèce, au Portugal, en Allemagne et au Danemark, à l’appel de la Confédération européenne des syndicats pour dénoncer l’austérité et lui opposer des solutions non délétères pour l’Etat de droit social. En France, le bilan social de fin 2012, est terrible : 5 millions d’individus inscrits au chômage, et près de 10 millions de pauvres.

L’Union européenne n’a pas été nobélisée pour avoir créé un espace social hyperconcurrentiel, mais à l’inverse pour avoir inventé une conscience éthique commune par-delà les territorialités qui la composent. A ce sujet, le collectif Roosevelt rappelle la nécessité de créer un impôt européen sur les dividendes pour mettre fin au dumping fiscal européen, boycotter les entreprises ayant des filiales dans les paradis fiscaux, séparer les activités bancaires, mettre en place une taxe Tobin en affrontant une crise clarificatrice avec les pays européens qui refuseraient de le faire, s’inspirer du modèle de démocratie européenne pensé par Joschka Fischer, etc. La bataille intellectuelle doit enfin avoir lieu. Elle augurera l’avènement d’un nouveau destin politique pour la France. L’émergence ne peut être le monopole des seuls pays au modèle social discriminé.

Monsieur le Premier ministre, sachez que nous vous libérons sans souci de la tyrannie de devoir nous faire plaisir en ayant signé. Peut-être faut-il vous offrir, comme tout citoyen consommateur indécis, la possibilité de vous rétracter ou à l’inverse, de signer en pleine compréhension et connaissance de cause ? Vous nous trouverez à vos côtés si la seconde hypothèse est choisie.

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 19:20

Le niveau de vie se calcule par ménage, étant entendu qu'une personne seule est considérée comme un ménage. Il est calculé en divisant le revenu disponible annuel par le nombre d'unité de consommation (UC) d'un ménage. Par exemple un couple sans enfant représentera 1,5 unité de consommation ( 1 pour le premier adulte du ménage 0,5 pour les autres adultes de plus de 14 ans ) 0,3 CU pour chaque enfant de moins de 14 ans

Qu'est-ce que le revenu disponible ? C'est la somme annuelle des revenus de l'ensemble des membres du ménage, après redistribution,  c'est-à-dire après prise en compte des principales prestations sociales et paiement des principaux impôts directs. Il comprend les revenus déclarés à l'administration fiscale ( revenus d'activités, retraites et pensions, indemnités de chômage et certains revenus du patrimoine) les revenus financiers non déclarés, qui sont ici imputés ( produits d'assurance-vie, livrets exonérés, prestations sociales perçues et prime pour l'emploi. 

 

Si après ce calcul, votre revenu annuel  pour un couple sans enfants est, par exemple, de 40 000 € en divisant par 1,5 UC vous obtenez 26 666 €, ce qui correspond à votre niveau de vie par personne dans le couple.  Dans ce cas vous êtes plutôt bien loti car le niveau de vie médian est de 19 270 €. Ce qui veut dire que 50 % de la population est en dessous  de ces 19 270€, et 50% au dessus. Les  10% de personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10430 euros ; celui des 10% les plus aisées est d'au moins 36 270€. A noter que selon l'INSEE , en 2010  le niveau de vie baisse  ou stagne pour pratiquement toutes les catégories de population sauf pour les plus aisées. Le seuil de pauvreté qui correspond à 60% du niveau médian de la population s'établit  à 964 € mensuel  en 2010. La pauvreté continue de progresser. Elle concerne 8,6 millions de personnes, soit 14,1 % de la population. Le taux de pauvreté des moins de 18 ans atteint 19,6%

 

À vos calculettes !

source INSEE n° 1412 de septembre 2012

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 10:45

On s'en souvient peut-être, mais à l'approche de l'élection présidentielle, en novembre 2011, Nicolas Sarkozy plutôt que de s'en prendre à la fraude fiscale s'en était pris à la fraude sociale. Haro sur les fraudeurs sociaux, ces pelés, ces galeux, qui coûtaient annuellement quatre millions d'euros à la nation. Si la démarche était légitime elle n'en était pas moins idéologique puisque présentée comme prioritaire, alors que la fraude fiscale coûte infiniment plus cher à l'État. Déjà en mai 2011, dans la même mouvance d'idées qui devaient former la trame de la campagne de Sarkozy vers la droite extrême, Wauquiez alors ministre des affaires européennes avait suscité la polémique en déclarant que l'assistanat était "le cancer de la société française". Le front national applaudissait tout en remarquant que le gouvernement marchait sur ses plates-bandes.

Or, depuis quelques jours, aussi bien dans les  journaux qu'à la radio et même à la télévision,  on   apprend que 67% des travailleurs pauvres éligibles  au RSA-activité ne le demandent pas. Ce qui permet à l'état d'économiser 10 milliards d'Euros qui compensent très largement les effets néfastes de la fraude. Ce qui ne veut d'ailleurs pas dire qu'il ne faut pas agir contre elle.

Pourquoi ces travailleurs ne demandent pas le RSA-activité ? Pour deux raisons essentielles. :  la première est que pour l'obtenir il faut d'abord faire face à une véritable usine à gaz bien dans la ligne de la bureaucratie française et qui décourage beaucoup de gens notamment ceux dont le niveau d'études est peu élevé ou qui se trouvent proches de l'illétrisme. La seconde provient simplement de la honte d'être assistés. Il est donc urgent d'une part de faciliter et de simplifier les démarches, c'est ce que propose le premier ministre, et de faire comprendre que la solidarité nationale est légitime et que ceux qui peuvent en bénéficier ne sont pas des parias. Je vois d'ici les objections : "Oui mais il y aura toujours des profiteurs ". Je les renvoie à Lénine et à son fameux : " il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain" Les fraudeurs et les inconvénients aux mesures prises dans le bon sens restent  et pour longtemps un bon moyen pour ne pas faire avancer la machine !

Et la fraude fiscale, direz-vous ? Le premier ministre a promis de lutter contre elle. C'est ce que disait également le précédent Président de la République. 

Voici ce que  coûtent  les fraudes fiscales en France , estimation de 2007. Vous noterez que les avoirs en Suisse non déclarés représentent au minimum 80,4 milliards d'euros. Les économies de Jérôme Cahuzac, principal pourfendeur des fraudes fiscales, se trouvaient-elles dans ces 80 millions ? nous le saurons au prochain numéro

fraude-fiscale-en-france.jpg

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 17:27

Je lis ceci dans Médiapart de ce jour :

"En oubliant les réalités industrielles de la sidérurgie pour opter sur une financiarisation à outrance, Mittal a entraîné Arcelor dans une spirale infernale. Le groupe fait face à un mur de dettes de plus de 22,5 milliards d’euros, ce qui ne l’a pas empêché de verser l’an dernier 2,3 milliards d’euros de dividendes."

Ce qui attire tout de suite l'attention, ce sont les 2milliards d'euros de dividendes.

Je suis en train de lire un bouquin passionnant, du moins pour ceux qui plus ou moins s'intéressent à l'économie tout en étant des novices. Le titre : " 2 ou 3 choses que l'on ne vous dit jamais sur le capitalisme" éditions Seuil. L'auteur est un Anglais d'origine chinoise Ha-Joon Chang, économiste, professeur à l'université de Cambridge. 

Ha-Joon Chang explique qu'aux USA à partir de 1930 les capitaines d'industrie cédèrent la place à des bureaucrates du secteur privé. On les soupçonna de gérer les entreprises dans leur propre intérêt plutôt que dans celui des propriétaires légaux c'est-à-dire : les actionnaires. Au lieu de maximiser les profits, ils maximisaient les ventes pour maximiser la taille de l'entreprise donc leur prestige et par contre-coup leurs propres intérêts. Ils avaient  tendance à se lancer dans des projets énormes qui gonflaient leur ego, mais fort peu  les profits de l'entreprise, donc sa valeur ( mesurée essentiellement à sa capitalisation boursière)

 Par la suite les plus chauds partisans de la propriété privée  estimèrent qu'il fallait inciter ces managers à maximiser les profits. Ils trouvèrent la solution dans les années 80 et la baptisèrent :" principe de la maximisation de la valeur pour l'actionnaire" Il s'agissait de faire dépendre la rémunération des managers de l'importance des sommes qu'ils parviennent à distribuer aux actionnaires, donc maximiser les profits en réduisant drastiquement les coûts : masse salariale, investissements, stocks, cadres intermédiaires etc, et remettre à ces actionnaires la plus large part possible de profits par le biais des dividendes et des rachats d'actions. Pour encourager les chefs d'entreprises à suivre cette politique, il fallait accroître l'importance des stocks-options dans leur système de rémunération.. Tout le monde était content ( ou presque) surtout les actionnaires dont les profits augmentaient  ainsi que le cours de leurs actions. la part des profits distribués était de 35 à 45% dans les années 50. Elle aujourd'hui autour de 60%. Les rémunérations des PDG ont crevé le plafond dans le silence des actionnaires très satisfaits de la hausse des cours des actions et des dividendes.

Pour arriver à ce résultat mirobolant,  il  fallait réduire implacablement l'emploi , licencier de nombreux travailleurs puis les réembaucher à des salaires inférieurs avec des avantages sociaux réduits. Il y eut barrage aux augmentations de salaires, délocalisations ou menaces de le faire, préssurisation des fournisseurs et des sous-traitants, mises en demeure à l'état de réduire les taux d'imposition des entreprises ou de leur verser des aides accrues avec menace là encore de délocalisation, baisse des investissements .... Je m'arrête-là ! C'est une belle histoire que nous raconte Ha-Joon Chang. Il en raconte d'autres.

Si vous voulez savoir pourquoi le marché libre, ça n'existe pas, pourquoi il ne faut pas gérer les entreprises dans l'intérêt des actionnaires, pourquoi la plupart des habitants des pays riches sont surpayés, pourquoi la machine à laver a changé le monde plus qu'internet, pourquoi  si l'on prête aux gens les pires intentions, ils feront le pire,  pourquoi les politiques de libéralisation enrichissent rarement les pays pauvres, pourquoi les USA n'ont pas le niveau de vie le plus élevé au monde, pourquoi l'Afrique n'est pas condamnée au sous-développement, pourquoi enrichir les riches n'enrichit pas les autres, pourquoi on est plus entreprenant dans les pays pauvres que dans les pays riches, pourquoi pour avoir une bonne économie on n'a pas besoin de bons économistes, et mille autres merveilles, lisez ce livre indispensable, car il n'est plus possible aujourd'hui de parler de politique sans avoir un minimum de connaissances en économie

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 10:15

Les 20 milliards de baisse de charges sociales des entreprises font beaucoup parler.  Préconisées par le rapport Gallois et accordées par le gouvernement , elles sont, parait-il, destinées à faire baisser les prix et par contre-coup à rendre les entreprises françaises plus compétitives. Personnellement je ne suis pas contre à condition qu'il ne s'agisse pas d'un cadeau comme certains le craignent. Le problème n'est pas les 20 milliards, il est en réalité ce que les entreprises en feront : embauche et investissement d'une part et baisse des prix à la vente d'autre part et dans quelles proportions ? Ou bien reversement de bénéfices aux actionnaires ? Or, on constate qu'en échange de cette manne il n'est demandé aux entreprises aucune contrepartie. Les comités de surveillance qui sont suggérés risquent de n'être qu'un coup d'épée dans l'eau et personnellement je n'y crois guère. Par ailleurs  l'on garde en mémoire la baisse de TVA sur la restauration du temps du gouvernement précédent qui fut un échec ou au mieux un demi-échec. La baisse sur les additions n'avait pas été saisissante pour les consommateurs ! Espérons que cet après-midi dans sa conférence de presse François Hollande offrira une réponse claire à ceux qui comme moi se posent des questions sur le sujet.

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 10:17

On n'entend que cela en ce moment :  la compétitivité en France n'est plombée Que par le coût élevé du travail. certes on peut remarquer  que le coût horaire du travail en France ( industrie manufacturière et services confondus) est supérieur de 3 € à celui de l'Allemagne qui par ailleurs présente un coût du travail  beaucoup plus élevé que celui de la France dans le secteur automobile ( 29% de plus ! ).  3€ Ce n'est pas rien. Mais peut-on en déduire que le coût du travail est le seul facteur de la compétitivité  ? Non dit le journal les échos : " Les facteurs négatifs ( coût du travail, fiscalité, faible adaptation à la mondialisation) demeurent compensés par de forts atouts : la qualité des infrastructures, la taille du marché intérieur, la formation et la qualification des salariés" Ce qui oblige à admettre que la compétitivité ne se joue pas uniquement sur le coût du travail. Or, qu'apprend-t-on par ailleurs comme le rapporte les échos :  Que l'année 2011 a été le deuxième millésime depuis dix ans en matière  d'investissements étrangers en France qui reste à la troisième place en Europe !

conclusion personnelle bien que je sois loin d'être un spécialiste en économie : ne soyons pas trop obnubilés par le coût du travail en France quoiqu'il faille le surveiller de près. La France a d'autre atouts qu'elle doit non seulement conserver mais valoriser.  Une question  au passage :  taper à bras raccourcis sur le coût du travail, ça arrange qui, à votre avis ?

 

Sources  : Jack Dion dans  Marianne ( 27 octobre au 2 Novembre 2012) 

Marc Vignaud "Le Point" 19/7/2012

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 14:33

 L'automne ne s'est pas fait attendre. Le plafond est bas, le ciel est gris, il pleuviote.  Ça n'est pas bon pour le moral d'autant plus que les nouvelles ne sont pas terribles, les problèmes avec l'Islam, le rapport sur les OGM et le gouvernement

qui de  reniement en reniement  ne sait plus très bien où il va. Exit la mesure concernant le contrôle au faciès, Exit la suppression des niches fiscales dont le contenu fond comme neige au soleil  et retour dit-on de la TVA sociale. Bon je sais qu'en écrivant cela je vais faire plaisir aux deux foujacques, mais comme je ne les ai jamais entendu émettre la moindre critique sur la politique de Sarkozy qu'ils ont soutenue bec et ongles de manière inconditionnelle, ce que je leur ai toujours reproché, je n'ai pas l'intention d'avoir le même comportement. 

Donc retour de laTVA sociale suivant les rumeurs. 

En  dehors du fait que si le gouvernement le décide il passera pour un blaireau étant donné que François Hollande a supprimé celle prévue par Sarkozy et qui devait être en service en octobre 2012, il faut revenir dessus pour tenter d'évaluer son efficacité.

J'ai écrit  sur le sujet un article  le 18 janvier 2012 intitulé "TVA sociale piège à cons ou pas ?" Après relecture il me semble qu'il n'y a rien à y changer. Le voici donc tel quel :

"Bon ! on à tous plus ou moins compris que la TVA sociale était un transfert de charges destiné à rendre les entreprises françaises plus compétitives. Baisse des charges patronales  transférées sur les différents taux de TVA qui permettront aux entreprises de baisser leurs prix dont bénéficieront les consommateurs ce qui relancera la consommation et annulera pour le consommateur l'inconvénient de la hausse de la TVA. 

Baisse des cotisations salariales, mais là il s'agit d'un simple transfert puisque il sera absorbé par une hausse de la CSG.

Cette TVA devrait normalement être  la même pour les entreprises importatrices.

Malheureusement c'est un peu Alice au pays des merveilles, car rien ne dit (et on l'a vu pour la TVA sur la restauration ou environ 60% de la baisse des charges ont été reportés sur la baisse des prix) que les employeurs joueront le jeu et reporteront la totalité  de leurs baisses de cotisations sur la baisse des prix. C'est ce qu'avait fait remarquer Éric Besson (après qu'il a retourné sa veste)  dans un rapport de 2007 remis à Nicolas Sarkozy. Donc il y a gros à parier que cette TVA sociale qui n'en a que le nom débouchera sur  une augmentation des prix et une baisse du pouvoir d'achat. Il s'agira donc bien d'un "sacrifice" pour les consommateurs et par conséquent, et entre autres, pour les salariés.

Reste aussi à savoir comment la hausse de la CSG sera répercutée, notamment sur les retraités qui eux ne bénéficieront pas de baisse des cotisations salariales.

De plus comment les entreprises vont-elles utiliser cette baisse des charges patronales ? Voici la réponse de Laurence Parisot : l'entreprise pourra profiter des baisses de cotisations pour baisser son prix hors taxes, investir, augmenter les salaires... ou conserver sa marge "

Bref, rien ne démontre que la baisse sera répercutée sur les prix ! "

Comme il y a un an, je ne sais pas trop quoi en penser car tout tient sur le comportement des entreprises. Joueront-elle le jeu ou pas ?

Si elles ne le jouent pas il faut craindre une hausse générale des prix à la consommation, produits ou non en France, dont les catégories sociales modestes seraient les premières victimes puisque  plus on descend dans la hiérarchie sociale, plus la part de budget consacrée à la consommation courante est élevée. 


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  • 73 ans. Retraité, écrivain à ses heures, collectionneur de collections, amateur de jazz, de cinéma de BD et de philo
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