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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 10:42

Ce qui se passe dans ce malheureux pays, je peux finalement y réfléchir pour moi-même ou en parler avec mes amis. J'espérais depuis 2008 et mon arrivée sur le blog d'Orange élargir un cercle de réflexion un peut trop circonscrit aux collines qui entourent ma maison. Ce fut le cas un certain temps. Ça l'est de moins en moins.

Je regrette cette décision en pensant à quelques commentateurs amicaux et honorables qui ont contribué depuis plusieurs années à alimenter positivement ce blog, Claudioo qui m'a encouragé à continuer sur orange alors que dès le début j'avais des doutes sur l'intérêt de commentaires bas de plafond que je recevais, Mocekx, Barovin et quelques autres. 

Mais je vois que le monde change de plus en plus vite et que le débat d'idées n'intéresse plus grand monde. je parle bien du débat d'idées, celui qui mesure le pour et le contre, qui prend en compte les choses positives comme celles estimées négatives afin d'en tirer une synthèse quelque peu éclairante à remettre en cause dès le lendemain et non pas une bataille de chiffonniers entre gens de certitudes. L'arrivée sur ce blog de deux ultra-conservateurs a changé la donne de débats qui furent parfois passionnants comme celui sur la nuit du 4 août  en août 2009. Ils n'apportent rien au débat, parce que le plus souvent ils sont à côté de la plaque, c'est-à-dire hors sujet , qu'ils se gardent bien de démonter ma propre argumentation, ou la rectifier, ce qui pourrait être un enrichissement pour moi et d'autres et  qu'ils m'imposent une malhonnêteté intellectuelle stérile et le plus souvent affligeante en contredisant pour contredire mais absolument pas pour apporter leur pierre. Je me suis souvent demandé pourquoi ils venaient lire ma prose ! Le mystère demeure

j'ai été tenté parfois de supprimer les imbécilités de foujuste, mais finalement je ne l'ai pas fait par répugnance pour la censure. j'ai cessé de répondre aussi bien à Jacques qu'à Foujuste, mais ça ne les a guère incités à changer de registre.

Ces deux hommes-là qui sont aveugles en se prenant pour des aigles sont très représentatifs de ce qu'est devenue la France, mais ce n'est pas nouveau : majoritairement conservatrice voire réactionnaire repliée sur elle-même, prête à se jeter à nouveau dans les bras du premier Sarkozy venu ( qui m'a agréablement surpris a écrit Jacques, qui a le droit de le penser) menton en encorbellement et muscles saillants sous la chemise, ou même pire de l'extrême droite dédiabolisée.

Bref je mets fin  à ce blog qui fut un plaisir pour moi ( mais qui ne l'est plus) et qui représente depuis sa création sur over-blog en juin 2009,  38 020 visites totales uniques ( plusieurs visites dans la journée du même visiteur étant comptées pour 1 ) 99 278 pages vues et 527 articles

 

Que chacun suive sa voie comme il le peut

 

Amicalement

 

GIHER

 

PS : je répondrai aux commentaires sur cet article. Ce sera ma dernière contribution.

Bien entendu, je visiterai les blogs des autres.

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 09:25

La décision de mettre Nicolas Sarkozy en examen a été prise collégialement par trois juges. Que la meute des indignés par la décision de  ces trois juges ne s'en prenne qu'au juge Gentil, en bafouant au passage la loi et en s'asseyant sur l'article 434-25 du code pénal qui indique que celui qui cherche à discréditer publiquement une décision de justice est passible de six mois d'emprisonnement, n'est pas anodin. Je pense que de ne s'en prendre qu'à un seul a plus d'impact sur l'opinion que de s'en prendre à trois juges indépendants qui prennent ensemble une décision, ce qui a tout de même plus de poids que la décision d'un seul. Là il s'agit de montrer du doigt UN responsable, c'est plus facile à décrypter. Les propos de Guaino, qui se prend de plus en plus pour Malraux, sont indignes et leur grandiloquence dont il est coutumier trahit le fait que dans son cas l'émotionnel l'a emporté largement sur la raison et qu'il a fait voler en éclats les principes républicains dont il se réclame volontiers. Une seule phrase qui se veut un argumentaire suffirait à le discréditer : " «Aucun homme sensé dans ce pays ne peut imaginer un instant que Nicolas Sarkozy s’est livré sur cette vieille dame richissime à un abus de faiblesse.» Un argumentaire basé sur un sentiment et non pas sur un fait. Un argumentaire qui démontre le désarroi d'un homme qui ne tient plus ses nerfs.

Je trouve normal que les juges fassent leur travail, que ce soit dans l'affaire Cahuzac ou dans l'affaire Bettencourt. Certains se souviendront peut-être qu'au commencement de l'affaire Bettencourt le juge Courroye  chargé de l'instruction s'était manifestement institué en bouclier du président Sarkozy. C'était tellement visible que finalement il fut déchargé de l'affaire transportée à Bordeaux dont on disait que le climat y serait plus serein. Nous étions un certain nombre à penser que cette décision équivalait à un enterrement de première classe et qu'ainsi l'affaire Bettencourt tournerait en eau de boudin. Ce ne fut pas le cas et c'est tout à l'honneur de la justice et des juges d'instruction .

Que la République s'achemine fermement vers une indépendance de la justice réclamée par presque tous, et qu'elle rappelle les principes de ce qu'est un état de droit quelque peu oubliés lors du précédent quinquennat, qui pourrait s'en plaindre ?

Quoi qu'il en soit et quel que soit l'épilogue de l'affaire Bettencourt. Les juges seront critiqués et même discrédités. 

Si Nicolas Sarkozy est lavé de tous soupçons, ce qu'on lui souhaite, Une partie de l'opinion  dira que c'est parce qu'il y  eut levée de bouclier de la meute désignée plus haut. l'autre partie dira que c'était bien la preuve de la partialité des juges en défaveur de N. Sarkozy. S'il est condamné ce sera forcément parce que les juges se seront vengés de celui qui voulait supprimer leur fonction.

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 10:44

Il est légitime de se poser des questions sur la dette. Vient-elle d'une orgie de dépenses publiques, ou plutôt de l'érosion organisée des recettes fiscales comme le pense Attac ?, ou des deux ?

Les états on mis le doigt dans une spirale infernale en empruntant sur les marchés financiers pour financer ces déficits en payant des taux d'intérêts souvent scandaleux. la crise de 2008, la récession et le sauvetage des banques en ont remis une couche. Les plans d'austérité des États payés par les citoyens pour combattre la crise financière nous enfoncent dans la récession. Que font les états pour combattre la mainmise des marchés financiers ? Les politiques d'austérités de plus en plus mises en causes par nombre d'économistes  ne nous mènent elles pas tout droit à la catastrophe qui nous pend au nez ?

Que peut réellement Hollande qui doit s'attaquer au problème sur le long terme, alors que c'est le court terme qui est dominant dans l'esprit de presque tous bien qu'il soit une solution démagogique qui ne peut pas nous mener bien loin ?  Et surtout que peut-il tout seul, Hollande ?

Il n'est pas responsable de la panade dans laquelle se trouve l'Europe , tout comme Sarkozy n'était pas responsable de la crise. Cependant on semble oublier que sous son quinquennat la dette publique a augmenté de 600 milliards d'euros si l'on compte les retombées jusqu'à fin 2012 d'un budget déjà voté avant l'arrivée de Hollande. L'actuel président a donc hérité d'une situation financière très dégradée. On peut lui reprocher un déficit de communication, et bon nombre de maladresses, de ne pas suffisamment  mettre en valeur ce qu'il fait de bien notamment sur le plan sociétal,  qui est mesurable à l'acharnement de la droite et de l'extrême-droite et aussi , hélas, de l'extrême gauche à taper à bras raccourcis sur ses bonnes initiatives, mais il est injuste de dire qu'il ne fait rien. simplement il ne peut rien faire sur le plan économique sans les autres, ce qui renseigne sur la cohésion de  l'Europe. S'il n'est pas interdit de critiquer le gouvernement actuel sur tel ou tel point, ( et parfois je m'y colle par agacement et répugnance de l'inconditionnalité) et de stigmatiser les promesses non tenues et les reculades, j'estime que Hollande a plus besoin d'être aidé que démoli systématiquement par une opposition très occupée au plus fort de la tempête à provoquer des brèches dans la coque d'un navire  sur lequel elle se trouve et qui fait fi des intérêts du pays au bénéfice de ses ambitions. La droite classique qui sort d'une impressionnante série de défaites électorales consécutives et qui n'a pas fait la preuve, loin de là, de sa capacité à redresser le pays, prétend à présent le faire en tablant sur l'oubli qui est la force principale des politiques. On peut avoir des doutes. 

L'attitude de l'opposition me fait penser à la fable du scorpion traversant la rivière, après négociation, sur le dos de la tortue et qui pique la dite tortue en coulant avec elle. "Pourquoi" dit la tortue ?  " C'est plus fort que moi" répond le scorpion !

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 11:05

Ah ! la grande époque des Deschiens ! Je reconnais que ça me laisse un peu de nostalgie. Ce sketch improvisé à partir d'une trame décidée par les comédiens a à peu près 20 ans d'âge et il reste , à mon sens, irrésistible. regardez Brunot Lochet et François Morel dans leurs œuvres. L'avènement d'un nouveau pape replace ce sketch décalé dans l'actualité. Une bonne occasion de rigoler un peu. Par les temps qui courent, ce n'est pas de refus.

 

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 16:18

Dans son hommage à Stéphane Hessel le 7 mars, François Hollande a dit ceci :

« Il pouvait aussi, porté par une cause légitime comme celle du peuple palestinien, susciter, par ses propos, l’incompréhension de ses propres amis. J’en fus. La sincérité n’est pas toujours la vérité. Il le savait. Mais nul ne pouvait lui disputer le courage. »

Je ne sais pas qui écrit les discours de François Hollande, mais c'est sûrement un jésuite.

Pour tenter de nous en assurer essayons d'analyser la phrase :

Il en ressort que la cause du peuple palestinien est légitime ( regard appuyé vers les palestiniens. Ça c'est pour l'humanisme ), mais Hessel pouvait susciter par ses propos l'incompréhension de ses propres amis. Autrement dit 'en réclamant la justice pour le peuple  palestinien Hessel pousse le bouchon un peu trop loin ( ça c'est pour la modération qui sied à un président de la république.) Hessel avait dénoncé à plusieurs reprises le refus des israéliens de toute négociation de paix sérieuse et la poursuite d'une politique de colonisation et de répression contre les palestiniens. En en les dénonçant Hessel était donc une sorte d'extrémiste qui suscitait  l'incompréhension de ses amis dont  fut le président Hollande. Fut-il  simplement un ami de Hessel, le président Hollande, ou un ami offusqué de Hessel ? la phrase laisse une ouverture à l'interprétation. Poursuivons : La sincérité n'est pas toujours la vérité. Il le savait. ( coup d'œil vers les Israéliens qui ont aussi leurs raisons que Hollande reconnait implicitement.) Mais nul ne peut lui disputer son courage ( coup d'œil vers Hessel , donc vers les palestiniens. ) Hessel était donc de mauvaise foi mais il était courageux) En quelques phrases François Hollande manifeste ce qu'on lui reproche depuis le début, c'est-à-dire de vouloir coûte que coûte ménager la chèvre et le chou et de refuser d'appeler un chat un chat .

Si je résume, la cause du peuple palestinien et légitime, mais il vaut mieux ne pas l'affirmer  avec vigueur pour ne pas faire de vagues. D'ailleurs la cause Israélienne est également légitime. Un point partout, la balle au centre. La sincérité n'est pas toujours la vérité, mais toute vérité n'est pas bonne à dire surtout en matière de diplomatie. C'est ce qu'on reprochait à Hessel ce fouteur de merde courageux et c'est ce qui provoquait l'incompréhension  de ses amis dont le président faisait partie. Amen.

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 10:28

J'écris (2) parce que j'avais déjà écrit un billet portant ce titre, il y a un an ou deux. 

 

On nous dit que la circulation automobile provoque beaucoup moins de morts et de blessés qu'il y a 40 ans ( de mémoire, en 1973, il y eut une pointe à 17 000 morts) ce qui fait qu'il y a en France aujourd'hui et en gros cinq fois moins de morts sur les routes qu'il y a 40 ans. C'est  magnifique et l'on ne peut que s'en féliciter. Voyons maintenant quels sont les avantages et les inconvénients de cette bonne nouvelle.

Moins de morts et de blessés, c'est moins d'horribles souffrances affectives pour les familles,  et ça, ça éponge tout le reste. Notons aussi que les rescapés sont aussi des contribuables et que moins de morts c'est aussi des impôts qui rentrent dans les caisses de l'état, c'est beaucoup moins de dépenses pour les assurances  et moins de dépenses de santé. C'est donc tout bénefice aussi bien sur le plan humain ( c'est l'essentiel) que sur le plan matériel. Bon, mais les moyens coercitifs pour arriver à ce résultat, limitations de vitesses, amendes, radars, flics partout ( c'est écrit dessus), dispositifs qui coûtent cher, génèrent moins de recettes pour les radars et pour les pompes funèbres,  les réparateurs de bagnoles, les carrossiers, les constructeurs automobiles, les fabricants de pneus, les distributeurs de carburant et toute la filière qui accompagne la bagnole  y compris les prothésistes, les fabricants de fauteuils roulants, les laboratoires pharmaceutiques,  tout ce monde contraint pour  compenser sa baisse des bénéfices d'augmenter ses tarifs ce qui retombe sur le consommateur  qui resserre les cordons de sa bourse, et qui retombe sur l'économie.  Ce qui fait que globalement tout cela génère pas mal de chômeurs qu'il faut indemniser etc, etc... Après avoir mesuré tout cela on pourrait éventuellement en déduire que la diminution des morts et des blessés sur les routes est sur le plan humain indéniablement positive, mais que c'est moins sûr sur le plan économique. Cette déduction éventuelle  serait alors basée  sur le réel et non pas sur une impression ou un sentiment . 

Veuillez excuser ce billet teinté d'humour noir, mais il avait pour but d'arriver à la conclusion suivante :

Mesurons les conséquences de nos actes. Il devrait en être ainsi pour chaque décision importante qu'elle soit domestique ou au niveau de l'état. Mais qui fait vraiment un bilan prévisionnel avec les plus et les moins et les réactions en chaîne supposées de chacune de ses décisions importantes ? En ce qui concerne les politiques, tous les politiques et la batterie de leurs conseillers  et doctes experts , on  peut se permettre d'avoir des doutes.

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 11:32

Par ces temps de disette, de désespérance des politiques et de prise de conscience que le vieux monde est à bout de souffle et va à la falaise avec un bandeau sur les yeux, de nouvelles initiatives se développent et cherchent de nouveaux moyens de communication et d'échanges  entre individus, basés  sur la solidarité et la responsabilité. Il en est ainsi pour le microcrédit qui permet de financer des projet des pays émergeants (microworld.org) par exemple, prêts gratuits remboursés au bout d'un an par les bénéficiaires et garanti par le groupe planet finance ? Il en est également ainsi pour le réseau des accorderies né au Québec et qui commence à essaimer en France (www.accorderie.fr) . Il vise à lutter contre la pauvreté et l'exclusion en renforçant la solidarité entre des personnes d'âges, de classes sociales de nationalité et de sexes différents.

 Le système est ingénieux : 

Chaque Accordeur met à la disposition des autres ses compétences et savoir-faire sous la forme d’offres de services. Des conseils pour cuisiner, la restauration de meubles, l’apprentissage de sports, etc…

 

Chaque offre apparaît sur la page web de L’Accorderie locale où la personne est devenue membre et dans un annuaire papier pour les Accordeurs qui n’ont pas accès à Internet. Dans l'espace membres et l’annuaire, les Accordeurs ont accès aux coordonnées des personnes qui offrent les services. Ils peuvent donc entrer en contact directement avec celles-ci pour s’entendre sur le service désiré et le moment de l’échange.

 

Chaque échange de services est comptabilisé dans une banque de temps, selon le principe « une heure de service rendu vaut une heure de service reçu », quels que soient le service rendu et les compétences exigées.

Tous les services sont mis sur un même pied d’égalité.

 

Dans la banque de temps, chaque Accordeur dispose d’un compte temps où sont inscrites les heures données et reçues. La comptabilité se fait à partir de chèques temps. Lorsqu’une personne devient Accordeur, 15 heures sont déposées dans son compte, ce qui lui permet d’échanger des services immédiatement. 

Dans le cas de certains travaux, le matériel et matériaux nécessaires sont à la charge du demandeur ( par exemple : travaux de peinture)

Une Accorderie œuvre dans le monde de l’économie sociale et solidaire, en proposant un système économique alternatif reposant sur la création d’une nouvelle forme de richesse. Une richesse collective et solidaire qui s’appuie essentiellement sur le potentiel des membres de toute la communauté. Une communauté, où trop souvent, les citoyens les plus pauvres sont jugés non productifs, car occupant un emploi mal rémunéré et étant exclus de la spirale de la surconsommation.

 Une Accorderie fait plutôt le pari qu’il est possible de créer cette richesse collective et solidaire en se basant sur la contribution de tous les membres de la communauté.  C’est une façon démocratique et organisée de construire une alternative au système économique dominant, avec ce qu’il comporte d’inégalités, et d’entrer dans la spirale sympathique d’un réseau qui concrétise sa croyance que le monde peut fonctionner autrement, en ne laissant personne de côté, et qu’il est possible de produire et de consommer autrement.

Pour mieux comprendre ce système ( si vous n'êtes pas allergique à l'accent canadien) vous pouvez regarder cette vidéo :


 

 

Que le monde puisse fonctionner autrement, Edgar Morin en est convaincu lorsqu'il dit que"Le monde grouille d'initiatives créatrices qui traduisent des possibilités futures

  Regardez son entretien de 26 minutes qui date de mai 2012, il est lumineux.

 

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 09:21

Conversation imaginaire surprise à l'entrée d'un supermarché devenu le centre de rencontre et de culture impromptu de mon bled :

 

- Vous avez vu Mme Berluchet qu'ils vont peut-être autoriser à distribuer aux pauvres les lassagnes et tous ces machins à la viande de cheval. Ah les braves gens ! Surtout que la viande de cheval ce n'est pas interdit, y'a pas de problème sanitaire. C'était juste une "fraude" comme ils disent, parce que ce n'était pas écrit dessus qu'il y avait de la viande de cheval avec le bœuf ou peut-être seulement de la viande de cheval.  Il n'y a pas de quoi en faire un drame tout de même !

- Bien sûr, bien sûr,  Mr Martineau, mais d'un autre côté, les plats cuisinés avec ou sans viande de bœuf, il faut bien reconnaître, sauf votre honneur, que c'est de la merde, comme dit Monsieur Berluchet, qui ne mâche pas ses mots. Vous avez déjà lu les étiquettes des produits ? et bien croyez moi  il y a là-dedans des trucs pas ragoûtants qu'on ne devrait pas trouver dans la nourriture, dans les pharmacies peut-être à la rigueur, mais pas dans les assiettes : des émulsifiants, de l'aspartame, de l'huile de palme et tout ces E dont on ne sait pas ce qu'ils veulent dire, que ça vous dégoûte rien que de lire l'étiquette. Alors donner aux pauvres ces aliments-là c'est admettre que plutôt que d'avoir faim il vaut mieux manger ces saloperies et que c'est bien suffisant pour eux !

- c'est vrai, Mme Berluchet mais pensez que les classes moyennes aussi en mangent, de ce que vous dites, parce que c'est relativement pas cher, moins cher que de la vraie nourriture sans tous ces E pas très frais. Plus les gens ont dégagé du temps avec les machines à laver les lave-vaisselle et tous ces trucs, plus ils sont occupés et qu'ils n'ont plus le temps de faire à manger. Alors forcément c'est bien pratique, les plats cuisinés !

- Oui , mais le Hic, c'est qu'on ne sait même pas ce qu'il y a dedans. En dehors de tous les conservateurs et les additifs, on ne sait  pas si l'on mange du bœuf, du poulet dont on ne sait pas non plus d'où ils viennent vraiment, et il vaut peut-être mieux pas le savoir. Sans parler des œufs frais, parce que des œufs frais inscrits sur l'étiquette , tenez-vous bien Mr Martineau, et ben y'en a pas ! ça ne s'appelle plus des œufs d'ailleurs, ça s'appelle des "ovoproduits" M. Berluchet l'a lu dans le journal ; des tonnes de blanc d'œufs, de jaune liquide, ou sous forme congelée, ou en poudre. On trouve même des omelettes en berlingots ou des œufs durs en plaques ou en barre... Ça ressemble à des œufs, ça a le goût des œufs ou à peu près, mais ça n'est pas des œufs et surtout des œufs frais. Monsieur Berluchet dit que c'est la cuisine du diable.

- C'est bien intéressant tout ça Mme Berluchet , mais je vais vous quitter parce que je dois faire les courses. Depuis que je suis au chômage, j'ai du temps devant moi. Il paraît que chez "Pacherdutout" il y a une promo sur la viande hachée. Parce que, nous en ce moment on n'a pas trop les moyens d'acheter de la vraie nourriture.  le Bio, les circuits courts  tout ça, c'est pour ceux qui ont de la thune, ce n'est pas à notre portée. Vous savez ce que ça coûte d'acheter du Saint-Nectaire à Saint-Nectaire et du veau élevé sous la mère en Aveyron ?

-C'est dommage M. Martineau, parce qu'avec tout le temps que vous avez, vous en auriez assez pour faire de la bonne cuisine...

 

 

Lire à ce sujet le dossier du Nouvel Obs du 28 février intitulé "La vérité  sur ce que vous mangez" Il s ont laissé tomber les histoires de cul de DSK, d'autant que Jean-Daniel a écrit un billet de protestation à ce sujet parfaitement bien venu.

Lire également le dossier de Marianne du 16 au 22 février " Les sales cuisines de la malbouffe

Lire aussi " Le livre noir de l'agriculture" d'Isabelle Saporta chez Fayard 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 09:58

Je m'abstiendrai d'un éloge vibrant sur Stéphane Hessel, d'autres le font et le feront avec un talent que je n'ai pas. Je dirai seulement qu'une grande voix humaniste qui nous incite à la raison vient de s'éteindre mais qu'elle perdurera à travers ses écrits et l'exemple de ses actions. La semaine dernière,  Stéphane Hessel apparaissait encore dans le Nouvel Obs dans un débat avec Daniel Cohn Bendit. Manque de pot, c'était dans le numéro dans lequel le magazine publiait les "bonnes feuilles" de l'ouvrage d'une journaliste sur DSK, et qui poussa la conscience professionnelle jusqu'à coucher avec l'ancien directeur du FMI  pour pouvoir écrire sur lui un"grand livre", comme dit le Nouvel Obs. Comment résister au "Buzz" sur un sujet aussi crucial. Il n'est donc pas surprenant que le débat entre Daniel Cohn- Bendit  et Stéphane Hessel soit passé inaperçu. C'est dommage.

En voici un extrait : 

Le nouvel obs questionne ses invités  en demandant si "au fond un parti n'empêche pas l'indignation. Voici leurs réponses :

"SH : ce réflexe d'indignation que j'ai prôné dans mon livre ne peut pas se borner à soutenir un parti politique. Il faut explorer d'autres champs. les partis se préoccupent trop de ce qui se passe dans leur propre pays, dans un cadre étroitement national. Sans aucune vision du monde.

D. C-B : Je ne dirais pas que les partis empêchent l'indignation mais qu'ils l'instrumentalisent. Un parti est rarement interpellé par ce qui se passe dans la société. Observons les campagnes présidentielles en France : Les candidats font comme si l'Europe et le monde n'existaient pas. Ils devraient avoir le courage de dire aux électeurs que la France est devenue un petit pays. Elle pèse à l'échelle du monde ce que pèse le Luxembourg en Europe. Pour autant, un petit pays peut faire de grandes choses..

S H : Les vrais débats sont lancés hors des partis. C'est ce que nous avons fait avec l'économiste Pierre Larrouturou à travers le collectif baptisé Roosevelt 2012. Cette initiative vise à dire que c'est le fonctionnement de l'économie qui est le point d'achoppement pour tout progrès. Ce que Dany et moi reprochons aux partis traditionnels, c'est leur enfermement dans une longue histoire, dans leurs passés respectifs. Ils ne regardent pas vers le futur. Aujourd'hui réfléchir à demain, c'est prendre en compte d'abord l'écologie ! Un parti n'est plus une structure suffisante pour porter un tel enjeu qui relève du bien commun.

D.C-B : La question qui se pose pour nos démocraties est d'agir en tenant compte des générations à venir. Comment mobiliser les citoyens sur des enjeux de long terme alors qu'ils réclament des retombées immédiates ? L'écologie est une dimension de réflexion collective qui remet en cause les traditions de gauche comme de droite"

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 10:01

"Un abîme est devant nous, où nous entraîne une politique sans hauteur qui, depuis mai 2012, n’a cessé de plier devant les obstacles – européens, financiers, institutionnels. Cet étrange renoncement ne sauvera rien, pas même la gauche au pouvoir dont l’impuissance face au désastre social de 2013 appellera une sanction électorale en 2014." C'est ce qu'écrit Edwy Plenel ce matin dans Médiapart dans un article intitulé L'abîme ou le réveil. Sanction électorale ? Sans doute face aux atermoiement et à la mollesse du PS malgré la présence et les actions de quelques personnalités atypiques : Taubira, Peillon, Montebourg qui laissent percer une faible lueur  noyée dans un gouvernement empatouillé dans sa comptabilité , ses timidités et son impuissance. Mais pour laisser la place à qui ? à l'UMP qu'on a subie pendant 5 ans et dont la politique ne fut pas, pour utiliser un euphémisme, un triomphe, et dont l'empoignade de cour de récré entre Fillon et JF Copé ne peut que provoquer la suspicion des électeurs de droite qui en sont pour certains nostalgiques qui confondent brutalité et autorité  à souhaiter le retour de Napoléon de l'île d'Elbe ?  Au front national, dont les effort pour faire oublier qu'il est un parti d'extrême droite sont remarquables, mais qui serait bien incapable de gouverner et dont la présence à la tête de l'état serait une catastrophe parce qu'il n'a à proposer que les recettes éculées d'une démagogie à base de socialisme national ou d'un national-socialisme qui exprime sa haine de la différence et qui  rêve que ce soient exclusivement de "vrais Français" estampillés qui vident nos poubelles et rénovent nos trottoirs ? Les écologistes ? Ils sont devenus inaudibles depuis leur participation au gouvernement. D'ailleurs, l'écologie plus personne n'en parle, à part quelques spécialistes. On comprend que les citoyens français soient déboussolés et n'attendent plus grand chose de la sociale-démocratie, pas plus que du conservatisme condamné à des gesticulations dans l'hémicycle qui tiennent lieu d'opposition constructive.

Nous avons tous compris que nous nous trouvons devant une crise de civilisation sans précédent que l'on ne règlera pas en utilisant la vieille boîte à outil d'une démocratie parlementaire vieillissante, mais en essayant d'abord de comprendre ce qui nous arrive et d'agir individuellement avant de remettre aveuglément nos espoirs de citoyens entre les mains des politiques.

Plenel termine sont article par une citation à méditer du livre de Vincent Peillon "Éloge du politique" (Seuil) sorti un an avant  qu'il ne devienne ministre du gouvernement : "(...) L’idée d’une politique “antipolitique” signifie (...) que le politique n’est pas la politique, n’est pas la question du pouvoir mais celle de la vie dans la vérité. Un syndicaliste, un militaire, un homme de théâtre, un journaliste, un philosophe ébranlent alors le monde, beaucoup plus que ne le feront jamais les politiciens. »

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  • 73 ans. Retraité, écrivain à ses heures, collectionneur de collections, amateur de jazz, de cinéma de BD et de philo
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il appartient de la posséder à une plus grande puissance. »

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