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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 17:34

De plus en plus,  un affrontement se fait jour entre ceux qui croient à une croissance exponentielle qui règlerait tous nos problèmes et surtout qui estiment qu'elle est une nécessité pour le fonctionnement  économique de la planète et ceux qui pensent qu'une croissance infinie dans un monde fini est une folie. Et les seconds sont de plus en plus nombreux à le penser.

Les trente cinq heures allaient un peu dans ce sens. Produire pas moins mais autant avec davantage de monde, afin de répartir le travail. Le patronat a immédiatement compris que cela lui couterait plus cher. dans un monde où la mondialisation est reine le patronat  a brandit l'arme fatale : la compétitivité. Logique et imparable.  Oui, mais dans le cadre d'un paradigme que peu de gens contestent : Il faut produire, produire produire, pour éviter l'écroulement du système. la consommation, c'est comme la cigarette, pour vendre il faut assurer l'addiction  et les lobbys sont maîtres dans cette discipline. Il faut donc consommer, tout et n'importe quoi, en laissant croire que le bien-être national brut est assujetti au produit intérieur brut. Production = consommation = bien-être. C'est le modèle occidental On sait aujourd'hui que cette belle idée a des limites que l'on est en train d'atteindre  La limite de réflexion des 35 heures c'est qu'elle ne remettait pas en cause la nature même de la production . Produire quoi et dans quel but ?. "L'économie verte, comme le dit l'économiste Robert Costanza se contente d'ajuster à la marge le modèle actuel, accroître le PIB reste l'objectif principal "

Si l'on veut bien admettre que l'addiction à la consommation pour les pays nantis est une absurdité, pendant que la plus grande partie de la planète vit dans la précarité, la misère ou meurt de faim, il parait évident qu'il faut changer de logiciel. Le malheur c'est qu'il faudra du temps et qu'il est incompatible avec le court terme dans lequel sont empatouillés les pays riches. 

"Consacrer davantage de temps à sa famille, participer à la vie collective, acquérir de nouvelles connaissance... dit Robert Costanza. Autant d'activités non marchandes ignorées de l'économie de marché" et qui participent au bonheur de vivre. Qui aujourd'hui, lorsque il a du travail, ne sacrifierait pas quelques dizaines, voire quelques centaines d'euros pour troquer un travail abrutissant, stressant, dans l'obsession de la compétition et du rendement contre un travail épanouissant passionnant mais moins bien payé ?

J'exerçais un métier très intéressant et plutôt bien payé, bien qu'il débordât un peu trop sur ma vie personnelle. Mais pour rien au monde je n'aurais accepté pour quelques euros de plus  d'effectuer un travail emmerdant. 

"Jusqu'à 1975, dit Robert Costanza, la croissance du PIB aux Etats-Unis s’est accompagnée d’une amélioration du bien-être. Mais depuis, c’est le contraire ! Les pays développés sont entrés dans une ère où la hausse du PIB réduit le bien-être. C’est en partie dû à la répartition de plus en plus inégale des richesses, qui vont aux fameux 1%, au détriment des 99 %. Au-delà d’un seuil, la croissance matérielle s’apparente à une course au statut, qui force à consommer des biens de positionnement (voitures, articles de luxe…) plutôt que des services non marchands. Le pire, c’est que personne n’en profite vraiment. Les inégalités engendrent des problèmes sanitaires et sociaux. Et le psychologue Tim Kasser a démontré que les personnes les plus matérialistes sont moins satisfaites de leur vie que les autres et sont souvent plus touchées par la maladie physique et mentale. Une «malbouffe psychologique» qui peut finir en dépression."

Je sais bien que ces propos qui ne sont pas de saison seront forcément traités d'utopistes par les aveugles forcenés de la croissance à tout prix ( principalement les lobbys), mais ils sont à méditer.

Voir l'interview de Robert Costanza dans libé de ce jour 6 mai 2013. Et son livre " Vivement 2050!" ed. les petits matins. 2013  

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 16:09

Loin des gesticulations médiatiques, le monde et les mentalités changent. Ainsi, ces chercheurs américains  de l’université de Californie à Los Angeles ont créé par hasard une pile super-puissante et biodégradable lors de leurs travaux sur le graphène. Les résultats de leur recherche ont été publiés dans la revue Nature.

Le graphène est un matériau révolutionnaire découvert en 2004 qui a permis à ses inventeurs de remporter le Nobel de physique en 2010. Composé d’atomes de carbone, il est transparent, très résistant, et pour l’instant le meilleur conducteur électrique connu à ce jour.

C’est en cherchant une manière plus pratique de fabriquer du graphène que Richard Kaner et Maher El-Kady ont mis au point le «super-condensateur»: une nouvelle pile flexible, superpuissante et biodégradable qui pourrait bien être la potentielle alimentation des gadgets ou systèmes électroniques de nouvelle génération. Avec cette pile on pourrait charger un Iphone en trente secondes, ou une voiture électrique en quelques minutes. Les piles seraient recyclables par compostage. Cette découverte aurait donc des retombées positives sur l'environnement. regardez la vidéo :

Pierre Rhabi écologiste et philosophe explique dans cet entretien de 8 minutes, d'une grande sérénité, qu'un changement de paradigme de notre société actuellement basée sur l'argent, est d'une absolue nécessité.

Regardez la vidéo :
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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 09:58

Je m'abstiendrai d'un éloge vibrant sur Stéphane Hessel, d'autres le font et le feront avec un talent que je n'ai pas. Je dirai seulement qu'une grande voix humaniste qui nous incite à la raison vient de s'éteindre mais qu'elle perdurera à travers ses écrits et l'exemple de ses actions. La semaine dernière,  Stéphane Hessel apparaissait encore dans le Nouvel Obs dans un débat avec Daniel Cohn Bendit. Manque de pot, c'était dans le numéro dans lequel le magazine publiait les "bonnes feuilles" de l'ouvrage d'une journaliste sur DSK, et qui poussa la conscience professionnelle jusqu'à coucher avec l'ancien directeur du FMI  pour pouvoir écrire sur lui un"grand livre", comme dit le Nouvel Obs. Comment résister au "Buzz" sur un sujet aussi crucial. Il n'est donc pas surprenant que le débat entre Daniel Cohn- Bendit  et Stéphane Hessel soit passé inaperçu. C'est dommage.

En voici un extrait : 

Le nouvel obs questionne ses invités  en demandant si "au fond un parti n'empêche pas l'indignation. Voici leurs réponses :

"SH : ce réflexe d'indignation que j'ai prôné dans mon livre ne peut pas se borner à soutenir un parti politique. Il faut explorer d'autres champs. les partis se préoccupent trop de ce qui se passe dans leur propre pays, dans un cadre étroitement national. Sans aucune vision du monde.

D. C-B : Je ne dirais pas que les partis empêchent l'indignation mais qu'ils l'instrumentalisent. Un parti est rarement interpellé par ce qui se passe dans la société. Observons les campagnes présidentielles en France : Les candidats font comme si l'Europe et le monde n'existaient pas. Ils devraient avoir le courage de dire aux électeurs que la France est devenue un petit pays. Elle pèse à l'échelle du monde ce que pèse le Luxembourg en Europe. Pour autant, un petit pays peut faire de grandes choses..

S H : Les vrais débats sont lancés hors des partis. C'est ce que nous avons fait avec l'économiste Pierre Larrouturou à travers le collectif baptisé Roosevelt 2012. Cette initiative vise à dire que c'est le fonctionnement de l'économie qui est le point d'achoppement pour tout progrès. Ce que Dany et moi reprochons aux partis traditionnels, c'est leur enfermement dans une longue histoire, dans leurs passés respectifs. Ils ne regardent pas vers le futur. Aujourd'hui réfléchir à demain, c'est prendre en compte d'abord l'écologie ! Un parti n'est plus une structure suffisante pour porter un tel enjeu qui relève du bien commun.

D.C-B : La question qui se pose pour nos démocraties est d'agir en tenant compte des générations à venir. Comment mobiliser les citoyens sur des enjeux de long terme alors qu'ils réclament des retombées immédiates ? L'écologie est une dimension de réflexion collective qui remet en cause les traditions de gauche comme de droite"

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 18:14

En  cette période de fêtes le saumon d'élevage  se trouve souvent sur la table des Français. Pour en savoir un peu plus sur le saumon d'élevage je me suis rendu sur la page 

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2610_saumon_elevage_Norvege.php

Que nous apprend-t-elle ?

1) D'abord que nous sommes les premiers importateurs mondiaux de saumon et le premier marché pour le saumon norvégien : 132 000 tonnes de saumons ont été importés en 2009. 7 saumons sur 10 consommés en France proviennent de Norvège. En moyenne, un Français consomme 2,3 kg de saumon par an, c'est davantage que nos voisins européens, cela reste toutefois modeste par rapport aux Norvégiens : 6 à 8 kg de saumons sont consommés par personne et par an !

2) Qu'il est inutile de chercher du saumon sauvage de Norvège sur les étals des poissonneries. c'est devenu une denrée de luxe, qui n'est pas exportée et réservée à quelques privilégiés.Le saumon que nous achetons provient donc d'élevages et cela depuis plus de 40 ans 

3) Que les saumons élevés dans les fermes d'élevage, le sont avec un soin extrême et suivant une règlementation rigoureuse

4) que la farine de poisson contient : 

  • 54% de farine de poisson, dont un quart provient de restes non commercialisés de poissons (têtes et queues de hareng, maquereaux... Mais surtout pas de saumons car l'espèce n'est pas cannibale). Le reste (75 %) provient de poissons sauvages non-exploités commercialement mais dont la pêche est à 90 % destinée aux animaux d'élevage terrestres.
  • 30 % d'huile végétale non transgénique
  • 11 % de pigment naturel et notamment la précieuse astaxanthine, un puissant antioxydant riche en vitamine A, disponible à l'état sauvage via la consommation de crustacés qui donne la couleur rosée aux saumons.
  • 3 % de vitamines de minéraux.
  • 2% de glucides.

5) que l'alimentation des saumons ne comprend aucun traitement médicamenteux (antibiotique) ni préventif, ni curatif.

6) que dans les rares cas où les saumons sont malades, ceux-ci sont placés en quarantaine. Le traitement médicamenteux ne pourra être réalisé que sous approbation d'un vétérinaire et du gouvernement. Dans le pire des cas, afin d'éviter toute contamination aux autres fermes d'élevage, les saumons seront détruits, une perte financière considérable pour l'éleveur.

Donc mangez en toute confiance braves gens, ça baigne dans les élevages.

Oui , mais pas tout à fait, parce que, malheureusement, vous savez comment sont les gens, ils ont tendance à chercher la petite bête. Et la petite bête c'est le pou du saumon. Une catastrophe pour les éleveurs. Comment traite t-on le pou du saumon ? avec des pesticides que vous retrouverez dans votre assiette et dans l'environnement des fermes d'élevage.

Qu'en pensent les autorités norvégiennes ? Que les traitements ne pourront être réalisés que sous approbation d'un vétérinaire et du gouvernement. Le gouvernement norvégien est bien entendu au courant pour les pesticides. Et que fait-il ? Rien. Parce que supprimer le saumon ou en empêcher la vente c'est foutre en l'air l'industrie du saumon, capitale pour l'économie du pays. L'économie ou la santé ? Il faut choisir. 

Que faut-il faire ? éviter de manger du saumon norvégien...Comme les éleveurs norvégiens. Mais pour les saumons qui viennent d'ailleurs on ne sait pas grand-chose !

 Regardez le documentaire de FR3 ( Pièces à conviction), il est  plein d'arêtes :

 

 

Bon appétit tout de même !

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 14:17

Bien qu'il fût "redressé" Dimanche soir sur l'A2 par le premier ministre Jean-Marc Eyraud, Arnaud Montebourg ministre du redressement productif  s'est fendu la semaine dernière de déclarations péremptoires sur les avantages du nucléaire.

 

On savait depuis longtemps que le parti socialiste était plutôt mou des genoux en ce qui concerne les problèmes liés à l'environnement. Montebourg comme Valls, comme Bartolomé font partie de ces "pragmatiques" du PS  farouchement pro-nucléaires, auxquels on peu ajouter Bertrand Delanoë qui a déclaré il y a deux ou trois ans que le nucléaire est une énergie propre. Ces convictions pronucléaires expliquent peut-être le flou artistique de François Hollande sur l'environnement dans son programme électoral 

Les propos d'Arnaud Montebourg sont des plus ambigus:  " Que le nucléaire soit une filière d'avenir, a-t-il dit sur RTL, c'est une évidence, à partir du moment où l'annonce qui a été faite par le président de la République c'est de dire 50% dans le cadre du mix énergétique en 2025"

Voici donc une filière d'avenir que l'on réduit d'emblée de 50% à l'horizon de 2025, c'est-à-dire demain. Étonnant non ? D'autant que l'argument principal est celui des emplois générés par le démentèlement des centrales. Mais après, que devient-elle cette filière d'avenir ? Un autre argument avancé est celui de notre indépendance énergétique. Le combustible des centrales c'est l'uranium. Et où nous approvisionnons-nous en uranium ? En Afrique ! La dangerosité du nucléaire on la connait. Dans un article de ce blog en date du  26/11/2011 " le nuclaire c'est pépère", j'écrivais :" Les centrales ne sont pas sécurisées contre les attentats terroristes, les crashs d'avion ou l'erreur humaine. pas plus d'ailleurs que des accidents ou des attaques terroristes pendant le transport des déchets. Le nucléaire est également nocif, car le problème des déchets n'est toujours pas réglé à moins que le  cadeau que nous faisons aux générations futures ( les déchets enterrés) soit considéré comme secondaire. Dire que le nucléaire est sûr et sans impact sur l'environnement est un mensonge."

 Sans compter que nous ne sommes pas à l'abri de l'improbable qui, comme chacun sait, arrive parfois ( voir Fukushima ). 

Mais la contestation en première ligne aujourd'hui ne provient plus de la dangerosité des centrales et de leur nocivité, mais de leur viabilité économique. Arnaud Montebourg a notamment déclaré :  « Notre choix d'avoir une énergie pas chère, abordable et en quantité est stratégique »

Pas chère ? À voir .

Lors de la présentation du rapport de la cour des comptes en janvier 2012 sur les prospectives économiques de l'atome, Didier Migaud premier président de la cour a déclaré «quels que soient les choix retenus, afin de maintenir la production actuelle, des investissements importants sont à prévoir à court et moyen terme». Surtout, a-t-il insisté : «ne pas décider revient à prendre une décision qui engage l’avenir. Il apparaît souhaitable que les choix d’investissements futurs ne soient pas effectués de façon implicite mais qu’une stratégie énergétique soit formulée et adoptée de manière explicite, publique et transparente». Le rapport dit notamment : «Les coûts de construction, rapportés à l’énergie produite, n’ont fait qu’augmenter avec le temps, sous l’effet conjugué de la hausse du coût des travaux et du renforcement  continu des réferentiels de sécurité

dans le World Nuclear Industry Status Report 2012 deux consultants indépendants dans le domaine de l’énergie : Mycle Schneider et Antony Froggatt écrivent « Avant le désastre de Fukushima de mars 2011, l’industrie nucléaire avait clairement reconnu qu’elle ne pourrait pas faire face à un autre accident majeur. Au cours de la dernière décennie, l’industrie a vendu au monde entier, sous le discours de la renaissance nucléaire, ce qui n’était qu’une stratégie de survie. De nombreuses sociétés nucléaires étaient déjà en grande difficulté avant le triple désastre qui a frappé la côte est du Japon en 2011… Il apparaît de plus en plus évident que les systèmes nucléaires ne sont pas compétitifs dans ce monde, que ce soit du point de vue systémique, économique, environnemental ou social. »

En février, en France, le Sénat a constitué une commission d'enquête sur le coût réel de l'électricité afin d'en déterminer l'imputation aux différents agents économiques. Cette commission était présidée par  Ladislas Poniatowski, sénateur UMP de l’Eure.

Les chiffres qu'elle publie, écrit Jacques Lindgaard  dans Médiapart, sont inquiétants sur les perspectives de l’industrie nucléaire : en cas de prolongement de la vie des centrales à 60 ans, comme le préconise EDF, le coût réel du mégawattheure (MWh) pourrait atteindre jusqu'à 75 euros en coût courant économique, contre 49,5 euros aujourd’hui selon la Cour des comptes. À ce niveau-là, il commencerait à perdre son avantage compétitif sur les énergies renouvelables les plus matures, à commencer par l’éolien terrestre. 

Arnaud Montebourg a-t-il pris connaissance de ces différents rapports avant de faire son intéressant ?

 

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 08:53

 

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Au  dernier stade de ma carrière, je fus dans l'obligation de  participer à un stage de 250 heures de droit pour pouvoir continuer à exercer mon métier parce qu'il oblige à quelques actes juridiques mineurs. C'était absurde à 90% étant donné que le droit appris n'avait qu'un rapport discutable avec ma profession. mais la loi étant la loi il m'a fallu m'exécuter. Ce qu'en finale j'ai compris de ce stage coûteux c'est que le droit...c'est tordu et qu'il n'a qu'un très lointain rapport avec la justice. Et s'il y a un domaine où avec un peu  de talent on peut faire prendre les vessies pour des lanternes, c'est bien celui-là. Les péripéties du drame de l'Érika illustrent assez bien ce propos. Le procès en appel de Total pourrait être purement et simplement annulé et peut-être même que les gens qui ont touché des indemnités seraient tenus de les rembourser.

Pourquoi ? Parce que ce qui importerait serait le lieu du naufrage et non celui de la pollution. Suivez bien le raisonnement de l'avocat général qui explique que :

"si les «dommages causés par la marée noire issue de l’Erika» ont été subis par les côtes françaises, le lieu du rejet d’hydrocarbures, celui du naufrage donc, se situe dans ce qu’on appelle la «zone économique exclusive» (ZEE), c’est-à-dire hors des eaux territoriales françaises.La convention de l’ONU sur le droit de la mer divise les eaux en différents espaces, et définit les droits des Etats dans chacun d’eux.

Selon l’avocat général, l’Etat côtier peut appliquer sa loi à tous les navires dans ses eaux territoriales, mais aux seuls navires sous pavillon français en ZEE. Or, l’Erika s’y trouvait lors du naufrage et battait pavillon maltais. Conclusion : la loi française est inapplicable - les conventions internationales priment - et c’est la loi de l’Etat du pavillon - Malte, donc - qui doit s’imposer. Il conclut donc que «la loi française est inapplicable aux faits poursuivis […] ; la conséquence étant la cassation totale et sans renvoi de l’arrêt attaqué».

Du point de vue du droit, si l’avocat général et le rapporteur étaient suivis, cela signifierait que «tout l’arsenal juridique dont on s’est doté au pénal pour faire face à de nouvelles marées noires du type de l’Erika, tout le système juridique international mis en place depuis douze ans à la suite de la catastrophe», s’écroulerait, conclut un juriste.

On pourrait donc, dans les même circonstances, continuer à polluer en toute impunité le littoral avec juste le droit pour l'opinion  publique de fermer sa gueule et pour les braves gens munis de pelles et de brouettes, celui de nettoyer la merde des compagnies pétrolières irresponsables, dont les dirigeants doivent d'ailleurs dejà se congratuler avec des larmes de bonheur dans les yeux !

Mais ce ne serait pas juste ! Ce ne serait pas équitable ! Direz-vous. Certes, mais ce serait le droit, mes cocos ! Et le droit prime sur la justice.

Étonnant non ? comme aurait dit Monsieur cyclopède. 

Ce raisonnement d'inspiration totalement (!) ultralibérale est issu d'une logique parfaitement décrite par un commentateur de l'article de libération qui est la source du présent billet, Edouard 901. Il écrit : " La croissance et l'emploi sont notre religion, le Père et le Fils. Cette décision de justice, si elle est prise, serait conforme avec notre dogme. Que dire à l'actionnaire qui verrait son dividende baisser? que dire au travailleur qui verrait son emploi menacé? que dire au citoyen qui compte bien sur la rente fiscale pétrolière? Rien, il ne faut rien lui dire parce que ça n'aura pas lieu. La question est non conforme.
L'économie est un fait, l'écologie une idée et nous sommes matérialistes.

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 10:51

 

Dans mon article précédent j'écrivais ceci :"Et même si nous sommes protégés d'un éventuel tsunami,  le nucléaire reste très dangereux : les centrales ne sont pas sécurisées contre les attentats terroristes, les crashs d'avion ou l'erreur humaine. pas plus d'ailleurs que des accidents ou des attaques terroristes pendant le transport des déchets. Le nucléaire est également nocif, car le problème des déchets n'est toujours pas réglé à moins que le  cadeau que nous faisons aux générations futures ( les déchets enterrés) soit considéré comme secondaire. Dire que le nucléaire est sûr et sans impact sur l'environnement est un mensonge."

Ce que je disais faisait dire à un commentateur de ce blog "Posons nous la question, pourquoi cette fixation sur le nucléaire, pourquoi tant de supposée « noblesse » pour ce  combat, plus que d’autre plus destructeurs et plus polluant ?" 

J'aurais pu lui répondre que ce qui distingue du nucléaire toutes les catastrophes polluantes dont il parle, c'est qu'il ne s'agit pas, en ce qui concerne le nucléaire, de la même nature de catastrophe. Il faut considérer d'une part l'énormité des effets collatéraux mais surtout la nature irréversible de ces effets. Un site pollué le restera pour des milliers d'années. La seule parade des pro-nuclaires de droite comme de gauche est de dire que Fukushima n'est pas dû à un accident nucléaire mais à une catastrophe naturelle agissant de l'extérieur. Et c'est ça qui est intéressant. Fukushima était inattendu... et c'est arrivé, comme les Tartares dans le désert du même nom. Green Peace vient de faire la démonstration éclatante de ce que je supposais en n'étant d'ailleurs pas le seul, à savoir que les centrales nucléaires sont beaucoup moins sûres que ce que les pro-nucléaires affirment. Si Green Peace n'avait pas décidé  cette opération de commando,Eric Besson n'aurait pas été obligé de déclarer qu'il y a avait eu des disfonctionnements et qu'il faudra prendre des dispositions pour que ça ne se reproduise pas.  et Claude Guéant n'aurait pas été contraint de reconnaître des défaillances dans notre dispositif. Et tout aurait continué comme avant. Quant on se rappelle  l'ingéniosité des terroristes du 11 septembre qui ont détruit deux tours fait 3500 morts, avec leur quéquette, leurs cutters et quelques cours de pilotage et traumatisé pour des décennies une bonne partie des habitants de cette planète, on frémit en pensant que les pacifistes de Green Peace pourraient être remplacés par des terroristes beaucoup mieux équipés et performants.

Maxime Buizart un jeune pop délégué jeune de la 5e circonscription du Loiret  (UMP) a déclaré «La gendarmerie aurait dû abattre les terroristes de greenpeace! Ils ne méritent pas de traitements particuliers…». Depuis il a été désavoué par le responsable national des "jeunes populaires" ( je trouve cette dénomination assez hilarante. Ils n'ont pas honte, tout de même ! " ) et il a été mis fin à ses fonctions. C'est dommage parce qu'il aurait eu de l'avenir à l'UMP. Bien entendu il s'est excusé comme tous les types qui disent des grosses conneries qui laisseront des traces et s'excusent en pensant que le fait de s'excuser effacera leur connerie, comme les dévots effacent leurs péchés dans le confessionnal ( voir mon article "excuses et regrets")

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 09:57

Hier on a eu droit à tout : le retour à la bougie, au moyen-âge dans lequel nous serions plongés si les socialistes venaient au pouvoir, le solaire qui ne fonctionne pas la nuit, tous les poncifs sur la question ont été évoqués. Un discours de café du commerce. Donc il n'y aura pas de débat. Le nucléaire est une énergie propre. Le nucléaire c'est pépère. Les écologistes et les socialistes, ces ringards , ces inconscients, veulent supprimer une vingtaine de centrales. Nicolas sarkozy oublie de dire en combien de temps. donc, que retiendra l'homme de la rue ? : que dès que les socialistes seront a pouvoir, ils vont IMMEDIATEMENT supprimer vingt centrales, des dizaines et des dizaines  de milliers d'emploi.C'est l'apocalypse  !!  Au nucléaire toutes ! D'ailleurs le Grenelle évitait soigneusement le sujet. Vous imaginez ça vous ? un Grenelle qui ne parle pas du nucléaire ? On comprend pourquoi. Alors que l'on soit pour ou contre, un sujet aussi grave méritait au moins un débat national dont les Français sont privés depuis cinquante ans

Quand je dis nucléaire toutes ! pas tout à fait. Sarkozy promet un projet d'énergie renouvelable de 27% à l'horizon 2020 mieux que le grenelle 2. On peut se demander comment une telle promesse serait compatible avec le développement dans le même temps du nucléaire ? 

 Nicolas Sarkozy Dit que le nucléaire représente 240 000 emplois, l'UMP dit 400 000 Proglio un million On est donc dans le flou. Or, La suppression "catastrophique" des emplois doit être mise en parallèle avec les emplois créés par le démentèlement  et le retraitement. Silence radio du chef de l'état sur ce point

Nicolas Sarkozy ne se souvient pratiquement plus de Fukushima et surtout n'en tire aucun enseignement. Et même si nous sommes protégés d'un éventuel tsunami,  le nucléaire reste très dangereux : les centrales ne sont pas sécurisées contre les attentats terroristes, les crashs d'avion ou l'erreur humaine. pas plus d'ailleurs que des accidents ou des attaques terroristes pendant le transport des déchets. Il est également nocif, car le problème des déchets n'est toujours pas réglé à moins que le  cadeau que nous faisons aux générations futures ( les déchets enterrés) soit considéré comme secondaire. Dire que le nucléaire est sûr et sans impact sur l'environnement est un mensonge.

À mon avis on ne s'en débarrassera pas totalement, mais on peut diminuer sensiblement sa part dans la production globale d'énergie sans pour autant avoir recours aux centrales à charbon.

La réalité est que Nicolas Sarkozy est un pro-nucléaire pur et dur. Le grenelle de l'environnement est surtout là pour amuser la galerie et que son dernier discours est un discours de stratégie politique qui permet d'une part de faire enfler la polémique sur un sujet qui divise les Français et d'autre part de jeter un voile pudique sur d'autres sujets qui fâchent notamment  le pouvoir d'achat, les inégalités, la sécurité... 

Un journaliste de Libé a interrogé Denis Maupin négociateur de l'accord PS-verts sur la progression des énergies renouvelables sous le quinquennat de Sarkozy. Voici sa réponse : "Ne me faites pas rire. C'est lui qui a dit "l'environnement, ça commence à bien faire!" Lui qui se trouve désormais à la tête du seul pays au monde où des plans sociaux ont lieu dans des PME sur le solaire. Lui qui veut supprimer les aides à la réhabilitation thermique des maisons. Lui aussi qui est à la tête d'un pays qui continue d'importer de l'uranium, et dépense 60 milliards par an pour acheter des énergies fossiles... La soi-disant indépendance énergétique grâce au nucléaire tient du mensonge pur et simple. "

Pour finir essayons de rire plutôt que de pleurer . J'ai lu ceci dans un forum : " Je préfère éclairer ma bite à la bougie plutôt que d'alimenter le vibromasseur de ma veuve à l'électricité "

Je vous accorde que ce n'est pas d'une grande élégance, mais ça m'a fait marrer tout de même. Dans cette sombre époque se marrer, même vulgairement, ça fait du bien !

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 09:40

La terre est atterrée parce que lui fait subir l'agriculture intensive. Médiapart rappelle à bon escient  le contenu d'un film de Jean Druon, "Alerte à Babylone" sorti en 2005. Vous en trouverez ci-dessous un extrait à visionner impérativement. Je l'avais déjà passé, je crois,  à l'époque d'Orange. L'ingénieur agronome Claude Bourguignon qui avait quitté l'INRA  parce qu'on exigeait qu'il se  taise , explique dans un langage percutant ou en est notre sol agricole sous l'avalanche des pesticides. Mais, comme  il le dit, "les gens ne le savent pas". Comme il ne connaissent pas la réalité de la catastrophe nucléaire nippone et pas grand-chose des moyens dérisoires mis en œuvre pour l'enrayer, ni  encore des catastrophes nucléaires potentielles qui nous pendent au nez. La terre est mal partie car on ne voit pas comment  nous pourrions effectuer  immédiatement un virage à 180° afin de gérer de manière responsable cette terre unique qui est la nôtre, surtout quand on constate que le paradigme de la croissance infinie d'une planète finie est toujours partagé par 90% des politiques et des économistes.

Le grenelle de l'environnement   qui semblait une bonne idée pleine d'espérance,  s'est révélé n'être qu'un effet d'annonce ( il y en eut beaucoup d'autres)  et un paravent destiné à apaiser nos inquiétudes pour qu'au bout du compte rien ne change. Des solutions sont possibles, mais il est à craindre qu'il ne soit trop tard.

Si l'on avait mis autant de vigueur dans la recherche pour les énergies nouvelles que dans le nucléaire qui n'est au bout du compte qu'une solution de facilité aux conséquences juteuses nous n'en serions pas là. Le génie des hommes et leur esprit prospectif se sont lourdement fourvoyés, par facilité, par cupidité, par égoïsme et nous en portons tous la responsabilité. 

Je lis ceci dans une nouvelle revue intitulée tout simplement "La revue" . C'est un extrait de l'hebdomadaire Bloomberg Businessweek dû à la plume de Ray Kurzweil : 

"La production d'énergie solaire double tous les deux ans depuis vingt ans. Huit doublements de plus correspondraient à une production couvrant 100% de nos besoins en énergie. Lorsque j'ai fait part de ce fait au premier ministre israëlien, il m'a demandé : " Mais avons nous assez d'ensoleillement pour y parvenir ?

- "En  fait nous en avons 10 000 fois plus que nécessaire" lui ai-je répondu. (...) En réalité nous débordons de ressources. Et si vous regardez comment ces ressources trouvent leurs applications vous découvrez encore plus de possibilité pour surmonter  les problèmes auxquels nous sommes confrontés."

Outre un extrait de " Alerte à Babylone" voici un extrait de Severn ? Dans ce film Pierre Rabhi agriculteur, philosophe, écrivain et penseur  dit : " Ce qui manque à la politique c'est une éthique. Aujourd'hui, il n'y a pas d'éthique dans la politique, il n'y a que l'argent " C'est bien tout le problème !


 extrait de "Alerte à Babylone"
 

 

 

 

 

 

 


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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 18:30

Le documentaire diffusé par  Arté  mardi soir est édifiant. Regardez-le. Ça vaut la peine !

 

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, cent mille molécules chimiques ont envahi l'environnement, et plus particulièrement l'alimentation. Des résidus de pesticides subsistent sur les fruits et légumes, des additifs alimentaires sont intégrés dans les plats préparés, et les emballages en plastique sont monnaie courante. Parallèlement, au cours des trente dernières années, les cancers, les maladies neurologiques telles que Parkinson ou Alzheimer, et les troubles de la reproduction ont considérablement augmenté dans les pays développés. Existe-t-il un lien entre cette inquiétante évolution et le déferlement des substances chimiques dans nos assiettes .

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Published by GIHER - dans écologie
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  • 73 ans. Retraité, écrivain à ses heures, collectionneur de collections, amateur de jazz, de cinéma de BD et de philo
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