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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 17:34

De plus en plus,  un affrontement se fait jour entre ceux qui croient à une croissance exponentielle qui règlerait tous nos problèmes et surtout qui estiment qu'elle est une nécessité pour le fonctionnement  économique de la planète et ceux qui pensent qu'une croissance infinie dans un monde fini est une folie. Et les seconds sont de plus en plus nombreux à le penser.

Les trente cinq heures allaient un peu dans ce sens. Produire pas moins mais autant avec davantage de monde, afin de répartir le travail. Le patronat a immédiatement compris que cela lui couterait plus cher. dans un monde où la mondialisation est reine le patronat  a brandit l'arme fatale : la compétitivité. Logique et imparable.  Oui, mais dans le cadre d'un paradigme que peu de gens contestent : Il faut produire, produire produire, pour éviter l'écroulement du système. la consommation, c'est comme la cigarette, pour vendre il faut assurer l'addiction  et les lobbys sont maîtres dans cette discipline. Il faut donc consommer, tout et n'importe quoi, en laissant croire que le bien-être national brut est assujetti au produit intérieur brut. Production = consommation = bien-être. C'est le modèle occidental On sait aujourd'hui que cette belle idée a des limites que l'on est en train d'atteindre  La limite de réflexion des 35 heures c'est qu'elle ne remettait pas en cause la nature même de la production . Produire quoi et dans quel but ?. "L'économie verte, comme le dit l'économiste Robert Costanza se contente d'ajuster à la marge le modèle actuel, accroître le PIB reste l'objectif principal "

Si l'on veut bien admettre que l'addiction à la consommation pour les pays nantis est une absurdité, pendant que la plus grande partie de la planète vit dans la précarité, la misère ou meurt de faim, il parait évident qu'il faut changer de logiciel. Le malheur c'est qu'il faudra du temps et qu'il est incompatible avec le court terme dans lequel sont empatouillés les pays riches. 

"Consacrer davantage de temps à sa famille, participer à la vie collective, acquérir de nouvelles connaissance... dit Robert Costanza. Autant d'activités non marchandes ignorées de l'économie de marché" et qui participent au bonheur de vivre. Qui aujourd'hui, lorsque il a du travail, ne sacrifierait pas quelques dizaines, voire quelques centaines d'euros pour troquer un travail abrutissant, stressant, dans l'obsession de la compétition et du rendement contre un travail épanouissant passionnant mais moins bien payé ?

J'exerçais un métier très intéressant et plutôt bien payé, bien qu'il débordât un peu trop sur ma vie personnelle. Mais pour rien au monde je n'aurais accepté pour quelques euros de plus  d'effectuer un travail emmerdant. 

"Jusqu'à 1975, dit Robert Costanza, la croissance du PIB aux Etats-Unis s’est accompagnée d’une amélioration du bien-être. Mais depuis, c’est le contraire ! Les pays développés sont entrés dans une ère où la hausse du PIB réduit le bien-être. C’est en partie dû à la répartition de plus en plus inégale des richesses, qui vont aux fameux 1%, au détriment des 99 %. Au-delà d’un seuil, la croissance matérielle s’apparente à une course au statut, qui force à consommer des biens de positionnement (voitures, articles de luxe…) plutôt que des services non marchands. Le pire, c’est que personne n’en profite vraiment. Les inégalités engendrent des problèmes sanitaires et sociaux. Et le psychologue Tim Kasser a démontré que les personnes les plus matérialistes sont moins satisfaites de leur vie que les autres et sont souvent plus touchées par la maladie physique et mentale. Une «malbouffe psychologique» qui peut finir en dépression."

Je sais bien que ces propos qui ne sont pas de saison seront forcément traités d'utopistes par les aveugles forcenés de la croissance à tout prix ( principalement les lobbys), mais ils sont à méditer.

Voir l'interview de Robert Costanza dans libé de ce jour 6 mai 2013. Et son livre " Vivement 2050!" ed. les petits matins. 2013  

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Published by GIHER - dans écologie
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commentaires

barovin 23/05/2013 07:42


Un tryptique sur l'occupation :  A une époque où certaines stigmatisation réapparaissent avec force en Europe


je suis allé visiter une exposition sur l'occupation
allemande...1/3

foujuste 22/05/2013 11:19


il était de bon ton il y a une bonne douzaine de mois de critiquer la soupe et le marmiton qui nous la servais. 


le citoyen constate que le marmiton a changé mais que la soupe reste aussi “dégueulasse “  pour réussir cette fois si Messieurs, a convaincre le bon
peuple, que la soupe est bonne, mais que la vaisselle, la peinture de la cuisine, et même les murs ,sont a changer , et qui plus est,que ces projets peuvent durer un siècle a condition que le
monde entier soit OK autant avouer simplement que vous vous êtes plantés, que la situation est bloqué et que notre avenir restera  toujours dans une impasse  si elle reste entre vos
mains soyez honnête !!!



GIHER 22/05/2013 12:12



réflexion au ras du gazon comme d'hab, foujuste. Pour sortir des conneries pareilles qui montrent que tu n'a rien compris au débat, pas besoin d'un cerveau, la moelle épinière suffit.



traumatisme 21/05/2013 18:31


On s'est laissé embobiner dans les années 60/70 par cette société de consommation omniprésente qui devait nous amener bonheur et qualité de vie. Puis la construction Européenne (idée sympathique
au demeurant) nous préserver des conflits barbares du XX ème siècle (14-18 / 39-45) et cerise sur le gâteau la chute du mur et conséquemment de la terreur Stalinienne. Ca devait être l'apothéose
d'une société démocratique ouverte éprise de liberté où tout devenait possible. C'était sans compter l'appétit féroce de la finance internationale pour profiter, au détriment des peuples du sud
et d'ailleurs, de la seule libéralisation qui trouve grâce à ses yeux, celle des capitaux et de l'argent facile de la spéculation. La gauche sociale démocrate a plongé soit consciemment, soit par
angélisme, dans ce que tu appelle le logiciel du libéralisme. Absurdité comme le dit barovain. Croissance infinie dans monde fini aux ressources limitées. Peut-on raisonnablement prendre plus à
notre planète que ce qu'elle  peut renouveler. Il est évident que ce n'est pas possible, mais les intégristes du monde libéral, avancent dans leurs délires qui confinent à l'imbécilité que
l'on retrouve chez les intégristes religieux.Trop tard, peut-être pas. mais il va falloir qu'un pays donne la mesure..et en Europe, je pense que la République Française est bien placée pour le
faire. En tout cas il faut tenter de casser cette logique et de montrer aux autres peuples que la voie vers une autre société où la compétitivité serait remplacée par l'efficacité économique,
écologique et sociale..en impliquant un partage du travail et des revenus et ce en préservant les ressources de la planète. Concevoir le bonheur humain autrement. Certains pensent déjà à
remplacer le Produit Intérieur Brut  par le Produit du bonheur Intérieur .....Une nouvelle technologie, telle l'imprimante en 3 D pourrait aider à bouleverser le monde du travail et de
l'entrepise industrielle, permettant à tout un chacun de produire l'objet dont il a besoin... Bien évidemment cela implique que la fameuse propriété intellectuelle disparaisse...et les avocats
d'affaire aussi....Nous sommes à la croisée des chemins. il faut choisir le monde de demain, celui qui permettra à la civilisation humaine de s'assurer un avenir en conciliant économie sociale et
environnement

barovin 21/05/2013 10:43


Tout est dit. Nous sommes quelques uns à penser qu'il faut radicalement changer nos pratiques de production et de consommation. Le vieux schéma de la croissance est révolu et lui complètement à"
côté de la plaque...". Nous sommes de gauche, certes, nous avons voté pour Hollande et le PS, pour débarrasser la République de la ploutocratie prévaricatrice  Sarkozienne. Mais le discours
actuel du gouvernement qui veut effectivement re ster sur ce logiciel de développement hérité des 30 glorieuses est une absurdité. C'est le logiciel du libéralisme mondialisé qui accroît
considérablement les inégalités  intra et inter peuples. Des études ont été faîtes pour comprendre que c'est suicidaire à terme. En effet si les pays émergents produisent et consomment comme
nous, il faudrait plusieurs planètes pour absorber cette croissance destructrice d'environnement et de ressources, y compris l'eau et les terres agricoles....C'est donc les limites de la planète
qui préside à vraiment inverser la tendance si nous voulons laisser un environnement vivable à nos descendants. Oui, il faut élever le débat au delà de celui très politicien de la droite et de la
gauche, du capitalisme libéralisé à outrance ou du capitalisme maitrisé façon sociale démocratie. Quand j'entends Ayrault parler de recherche de croissance ou de l'indispensable nécessité de
payer la dette (A qui d'ailleurs.....! ce serait intéressant de le savoir....) 


Je crains que nous ne soyons pas dans le sens de la marche de l'histoire humaine (le progrès et l'adaptation à l'environnement), mais dans celui du renoncement et de l'acceptation de la
 fatalité du chaos annoncé. Tu as raison le bonheur ne doit plus être mesuré à l'aune de la consommation et de la propriété. Ce la impliquera une autre société, celle du refus de la
concurrence et de la compétitivité. Nous pouvons d'ailleurs mesuré les ravages de celle-ci  ( Cheval pour boeuf, médiator, prothèses mammères, exploitation sans vergogne des peuples du sud -
incendie DACCA, déforestation, plantation arbres à huile de palmes- Paradis fiscaux .....etc....etc.). Il faudra aussi renoncer au choix démesuré  en matière alimentaire (30 à 40 % des
aliments de nos hyper vont à la poubelle ) de produits divers qui, en réfléchissant, ne sont pas vraiment indispensables,   et puis, ce qui ne sera pas le pire, apprendre à vivre le moment
présent, retrouver une qualité de vie, mieux s'occuper de sa famille..en somme retrouver une certaine sérénité dont l'absence pousse beaucoup de nos concitoyens à se doper au travail et user
 sans limite des médicaments pour dormir..Une révolution intellectuelle d'abord qui doit être suivie d'une révolution sociétale (économique, sociale, culturelle)...Attention, ce ne sera pas
facile, car nous ne vivons pas dans un monde de Bizonours. Les enjeux sont capitaux pour ceux qui tirent profit de cette situation (????)

GIHER 21/05/2013 15:34



Je me suis posé la question justement de savoir  ce qu'est être de gauche aujourd'hui.Il me semble que c'est d'une part une volonté d'instituer davantage de justice sociale et de solidarité,
et d'opposer ces valeurs à la droite qui lorsque elle parle de ses propres valeurs les exprime avec des trémolos dans la voix sans définir vraiment ce qu'elles sont, c'est-à-dire un coktail de
cupidité, de libéralisme à outrance et de placer tout le monde sur des startings-bloks afin que le meilleur gagne et empoche toute la mise. mais que seraient ces gagnants sans ceux qui leurs
permettent de le devenir ?


Ètre de gauche, c'est d'autre part, vouloir réellement  protéger la planète des agressions de ceux qui estiment qu'elle est inépuisable et fonctionnent sur un court terme mortifère ( après
nous le déluge ). le problème , c'est que changer de paradigme nécessite de faire face à une mondialisation ravageuse pour en imposer une autre celle du respect de la planète, d'un autre type
d'existence, d'équilibrer les rapports marchands qui sont dominants sur la planète en introduisant des rapports non marchands qui mettent la compétitivité,  la croissance à tout prix, et ce
fameux pouvoir d'achat qui est devenu synonyme de bonheur,  à leur juste place.


Raisonner de cette manière c'est l'himalaya à franchir et pourrait bien être considéré comme une utopie, alors que ce raisonnement est pour moi le pragmatisme même.   Je crois plutôt, que
faire croire, contre vents et marées, que la planète est inépuisable et que ceux qui sont victimes du système continueront à accepter passivement le sort qui leur est fait c'est cela l'utopie.
Une utopie qui risque de rayer l'humanité de la planète  par sa confiance imbécile en ses capacités.


mais il est possible qu'il soit déjà trop tard pour changer de cap.



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  • 73 ans. Retraité, écrivain à ses heures, collectionneur de collections, amateur de jazz, de cinéma de BD et de philo
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