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On se suicide à tour de bras dans ce pays, et pas seulement dans les prisons, c'est même une mode d'après le patron de France Telecom ( 23 suicides en 18 mois) qui depuis s'est excusé. Il a même dit qu'il avait confondu "mode" avec le mot anglais "mood" humeur. Vous savez ce que c'est quand on est polyglotte on commence une phrase en anglais, on la continue en français et on la termine en allemand. C'est courant. Regardez Hortefeux il voulait dire "auvergnat" ( du mot français "bougnat") à la place il dit "arabe" ( du mot français "bougnoul"). Ça ne vous arrive jamais de vous tromper, vous ?
Comme l'écrivait Sénèque dans ses "lettres à Lucilius": "Certains en ont assez de faire et de voir les mêmes choses et ont pour la vie non de la haine, mais du dégoût". Ça m'est arrivé récemment en voyant par hasard un bout du journal télévisé de J.P Pernot sur TF1. On ne sait rien des statistiques de gens qui se suicident en regardant par hasard le journal télévisé de Pernot, mais ça pourrait bien correspondre à une hécatombe.
On se suicide aussi au ministère de l'écologie ( 15 à 25 suicides par an, entre 150 et 250 tentatives) chez Renault (trois suicides il y a deux ans) chez les producteurs de lait ( 6 suicides entre mai-juin et septembre), dans les écoles aussi. Enfin un peu partout. Dégradation des conditions de travail génératrices de stress, menace sur l'emploi, loi sur la mobilité, chômage, brutalité de la réorganisation des services, mises au placard, pertes de repères, manque de reconnaissance des salariés, sentiment d'inutilité, seraient les raisons de cette augmentation inquiétante des suicides au travail.
Pour l'instant il y a plus de morts liés au suicide dans ce pays qu'à cause de la grippe A et pourtant la pandémie occupe journellement le terrain médiatique, bien plus que le suicide dans les entreprises qui traduit tout de même un sacré malaise sociétal.
Daniel Schneidermann ( arrêt sur image) écrit : "Et pourtant, pour quels morts les clips télévisés, les plans de bataille, la mobilisation gouvernementale massive, le déploiement majestueux, dans toute sa pompe, du principe de précaution ? Irrésistiblement, le mort "économique" reste moins médiatisable que le mort de pandémie."