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Comment se forger un avis ? Je ne parle pas d'un sentiment, d'une opinion basée sur un ressenti, non, je parle d'un véritable avis. Quand on dit d'une personne qu'elle est avisée, cela veut dire qu'elle s'est informée, puis qu'elle a réfléchi, ce qui l'autorise à donner un avis basé sur les connaissances qu'elle a d'un sujet donné. Mais quels sont les critères , les valeurs sur lesquels sont fondés cet avis ? Quelle importance notre avisé va-t-il donner à chacun des critères sur lesquels il se base, en fonction de sa culture, de son idéologie, de sa croyance, de son statut social ? A-t-il en main toutes les informations nécessaires ? vaste débat !
Prenez la taxe carbone proposée par Michel Rocard. C'est le sujet de la semaine, on en oublierait les vacances du président au Cap Nègre.
On lit et entend tout et son contraire sur le sujet. Eric Worth dit que c'est une taxe intelligente, Cohn-Bendit est pour, Allègre tonitrue contre elle :" Elle serait inutile climatiquement, injuste socialement, nuisible économiquement", (...) Prélever neuf milliards par le biais de cette taxe sur notre système économique serait suicidaire. Ce serait affaiblir la consommation et pénaliser nos entreprises".
Mais qui sera taxé ? Tous les français, par application sur les factures des combustibles fossiles - essence, fioul, charbon et gaz - et peut-être sur l'électricité. "Cette taxe conduira par exemple à une hausse du prix du chauffage au gaz «d'un petit 15%» et du litre de carburant «de 7 à 8 centimes, probablement un peu plus dans le cas du gasoil»
Evidemment les entreprises qui ne sont pas encore soumises à des quotas de CO2 seront également concernées, mais elles reporteront forcément en cascade le surcoût sur les produits nécessitant de l'énergie fossile. Et il en a beaucoup. Donc c'est encore le consommateur qui trinquera. Surcoût estimé pour plus de la moitié des Français : 300 € par an. Mais, nous dit Borloo, le produit de cette taxe sera intégralement reversé grâce à un système de compensation. On sait généralement où aboutit ce genre de promesse. Déjà Worth rectifie" Nous rendrons notamment aux ménages une partie de ce qui est prélevé". Déjà certains craignent "la disparition de la "contribution" dans le puits sans fond du déficit budgétaire et du remboursement de la dette", d'autres estiment qu'il s'agit d'une entourloupe fiscale, d'autres encore que cette taxe française vue sous l'angle de la mondialisation est une goutte d'eau dans l'océan et qu'elle ne peut avoir un impact que si elle s'applique à toute la planète.
L'un des problèmes qui se posent même s'il est question d'un reversement auquel il est imprudent de croire, c'est que cette taxe à l'instar de la TVA est parfaitement injuste. Reste à savoir comme le dit Claude marie, Toujours dans "les échos" ce que deviendra la taxe " une fois passée l'épreuve du laminoir parlementaire et de la trieuse des lobbies"