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Maurice Garin premier vainqueur du Tour de France en 1903... et sans dérailleur
En tant qu'événement commercial le Tour de France est florissant. En tant qu'événement sportif et populaire, ( populaire dans le sens où il fait rêver), il n'en finit pas d'agoniser. Vous vous souvenez du nom du vainqueur du Tour 2008 ? Probablement pas. Jusqu'aux années 60 terminer l'épreuve à la 3e place vous assurait une notoriété pour plusieurs années. Aujourd'hui le lendemain même de l'arrivée plus personne ne se rappelle qui était second. Le Tour de France c'est d'abord du fric, beaucoup de fric. Il a toujours été d'abord cela, mais dans des proportions disons raisonnables. aujourd'hui ce n'est plus le cas et c'est pourquoi sa pérennité est assurée, parce que les enjeux sont énormes et malgré le discrédit qui pèse sur lui, les sponsors, les organisateurs ne sont pas prêts à lâcher le morceau. Et ils continueront à faire pédaler le cadavre. Chaque année on nous explique que le dopage c'est fini, que maintenant le peloton est propre comme un sou neuf, qu'une nouvelle ère commence etc, etc. Calembredaine ! Pour une bonne raison, c'est que le Tour est impossible ! Il est impossible sans le dopage, parce que personne n'est prêt à voir passer le peloton à moins de 40 km à l'heure, personne n'est prêt à ne plus voir les coureurs démarrer comme des pets sur une toile cirée et frais comme des gardons, en montagne, après 180 km de course !
Le dopage est un "marronnier", un sujet inoxydable et qu'on peut sortir du tiroir avec succès en cas de disette d'information ( juillet-août) La particularité du dopage est qu'il est un marronnier d'actualité qui offusque et scandalise uniquement ceux qui ne veulent pas voir qu'il entre dans une logique implacable de la performance et du profit inhérente au sport spectacle. Ce n'est pas un phénomène nouveau. Henri Desgrange le déplorait déjà en 1921. En 1924 les Frères Pélissier en rogne contre le père du Tour montraient au grand reporter Albert Londres "la dynamite" ( pilules à la strychnine) qu'ils trimbalaient dans leur musette . Henri Pélissier confiait au journaliste : " le sport est devenu fou furieux" . A l'époque le dopage était marginal et artisanal, il est devenu scientifique et industriel. C'est le règne de l'éprouvette. C'est ce qu'on appelle le progrès. Je sais de quoi je parle, le vélo c'est une vieille histoire de famille, j'ai baigné là-dedans pendant toute mon enfance, j'ai même écrit un bouquin sur le Tour en 2003 : " il était une fois le Tour de France. 1919-1939" Chez l'Harmattan. La grande fête populaire est devenue une Foire commerciale au bénéfice des actionnaires au détriment du sport et à la grande joie des gogos.
" Si un informateur curieux avait fait un petit tour dans les chambres de certains coureurs français après le départ de St Brieuc, il eût trouvé de curieuses ampoules brisées et répandant encore une odeur bizarre et sans doute caractéristique pour ceux qui sont compétents en matière de doping"( Georges Briquet " le Miroir des Sports" 9 juillet 1938)