Trois jours d'escapade en Tunisie avec mon frangin ( Je ne compte pas les deux jours accaparés par le voyage. Finalement si le voyage est dense, c'est suffisant. Il faut juste être constamment en éveil. Donc on revient crevé, mais avec des images plein les mirettes.
Nous nous posons à Tozeur oasis du sud-ouest. J'ai connu cette ville il y a 40 ans. C'était un village. Je ne me souviens pas d'un aéroport. Il devait juste exister un petit terrain d'aviation. De là direction Nefta en 4x4 avec un guide qui a l'obligation de porter sur la tête un turban couleur sable, comme tous ses collègues de la compagnie de transport Nomades. Exotisme oblige. le système des voyages organisé est inextricables. Il y l'agence de Paris ( CE VOYAGES) et l'organisateur sur place (Authentic) mais qui sous-traite à un transporteur ( Nomades) Authentic confie l'organisation sur place à un professionnel de Nefta. Bref, on ne sait plus très bien à qui on a affaire. Le soir à l'hôtel, nous apprenons que nous allons partir à dos de chameau dans le désert avec nuits à la belle étoile. Ce n'était pas du tout le profil du voyage commandé. Je dois palabrer malgré l'argumentation du voyagiste de Nefta. Finalement j'obtiens gain de cause
Nefta était une oasis paumée au bord du désert avec un village à proximité et quelques rares hôtels. La ville s'est développée. Plus rien à voir avec cette impression de bout du monde que j'avais ressentie à l'époque. Les palmeraies artificielles se sont multipliées. L'oasis primitive qu'on appelle "la corbeille" se blottit dans une dépression de terrain. En surplomb un hôtel de luxe assez prétentieux où paraît-il Chirac allait se reposer quand il était maire de Paris

La corbeille de Nefta, l'oasis originelle. au-dessus un hôtel de luxe.
Les décors les plus somptueux sont accompagnés par les étalages les plus sordides : sacs et bouteilles en plastique, dépôts d'ordures sauvages. J'ai dit à mon frère : " Ne nous offusquons pas trop, leurs ordures sont aussi nos ordures "
Le lendemain départ en 4x4 pour Chebika un village accroché à flanc de montagne avec une oasis encastrée en contrebas dans les rochers ocres et gris formés de sable et de coquillages agglomérés. Il y a plusieurs millions d'années la mer recouvrait tout. Il y coule une source d'eau chaude à environ 35°. Le village a été détruit en 1967 par une inondation et reconstruit un peu plus bas. Des marchands sont installés sur le parcours des touristes. Une pierre aux cristaux violets plus ou moins authentique m'est proposée à 5 dinars, puis à 4 dinars, puis trois. Je gagne un dinar tous les mètres ! le marchand ambulant m'abandonne. Je le retrouve un peu plus loin. Il ne me reconnaît pas et me propose ses cristaux pour 5 dinars ! La lutte est rude entre ceux qui vivent du tourisme. C'est-à-dire presque tout le monde.

L'oasis d'eau chaude de Chebika. Il pleut légèrement . Une boue ocre colle à nos godasses. Les touristes se plaignent. Les Tunisiens sont heureux.
Une cascade d'eau chaude à Chebika
Nous reprenons la route. Nous sommes six dans le 4X4 plus le chauffeur qui nous submerge d'informations et de statistiques. Il remplace les virgules par l'adverbe "alors" : À cette époque, alors, il y avait des caravanes, alors...) Nous arrivons tout de même à savoir qu'il est marié, qu'il a deux enfants et que hors saison il fait des petits boulots pour arrondir ses fins de mois.
Nous déjeunons à Tamerza un village également détruit par les inondations. En cours de route nous nous sommes arrêtés plusieurs fois pour admirer des panoramas, mais surtout pour faire halte devant des étals de commerçants. Les ententes entre les voyagistes et les marchands, ne sont pas une légende. On sent derrière cette organisation souterraine une vraie solidarité. L'hôtel de Tamerza tout de marbre vêtu donne sur le village en ruine qui lui sert de décor. Ambiance de luxe, un peu hasardeuse, suivant les disponibilités et les accords entre voyagistes. nous aurions pu manger dans un bouiboui. C'est ce qui arrive à deux d'entre nous qui sont hébergés à Tozeur dans un hôtel bien plus luxueux que le nôtre ! Échange de bons procédés !

Le village détruit de Tamerza. En bas le lit de la rivière à sec
Nous reprenons la route vers Mides à proximité de la frontière algérienne, Le village est implanté au bord d'un canyon qui évoque celui du Colorado. ( la suite demain )