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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 17:49

J'ai une nièce de neuf ans. Ça peut arriver à tout le monde. Elle vient d'entrer en CM1. 

La semaine dernière, elle eut un devoir d'arithmétique à résoudre . En principe les devoirs sont rédigés par les enfants à partir d'un enseignement entérieur qu'ils ont assimilé. Sinon le résultat ne présente, semble-t-il, aucun intérêt. Or ce problème d'arithmétique était rédigé dans sa forme en faisant appel à un langage logique qui me paraît difficile à comprendre par un enfant de 9 ans ( je ne parle pas des surdoués) . Voici l'énoncé du problème :

 

"Je suis Composé de six chiffres. 

La somme des chiffres de ma classe des mille est la même que la somme des chiffres de ma classe des unités simples. 

La classe de mes unités simples est composée de 3 chiffres consécutifs

Le chiffre de mes dizaines d'unités simple est  3

Le chiffre de mes centaines de mille est 2

Et le chiffre de mes unités de mille est le triple de ce dernier.

Qui suis-je ?"

Bon. Il faudrait déjà savoir si les gosses de CM1 savent tous ce que veut dire "consécutif "  .Or, l'on sait que Les évaluations passées à l'entrée de la classe de 6e montrent qu'environ 15% des élèves maîtrisent mal les apprentissages fondamentaux en lecture ou écriture. Et parmi ces 15%, la moitié éprouve de grandes difficultés sur ces apprentissages.

 

 Donc avant toute chose pour résoudre ce problème d'arithmétique il faut saisir un dictionnaire et savoir le lire. Il y a gros à parier que le gosse ne comprendra pas grand-chose à l'énoncé du problème et qu'il s'adressera à sa mère si elle est à la maison ou à son père s'il n'est pas coincé dans un embouteillage. Si son père et/ou sa mère arrivent à résoudre le problème, encore faudrait-il qu'ils soient en mesure de l'expliquer au gamin dans un langage qui lui soit accessible de manière à ce qu'il comprenne la logique de l'énoncé et qu'il soit en mesure de démontrer au tableau noir, à son professeur ou sa professeure des écoles pourquoi il arrive au nombre de 216 234. Ce qui n'est pas gagné. S'il n'y arrive pas il devra se contenter de mettre ce nombre de 216 234 dans la case réservée à cet effet en priant le ciel  qu'on ne lui demandera pas pourquoi il a répondu : 216 234 

Conclusion: On pourrait se demander si les devoirs d'arithmétique des classes de CM1 ne sont pas plutôt destinés au parents. Une sorte de cours de rattrapage destiné aux adultes en quelque sorte.

Et les enfants dans tout ça ?

Pour réformer l'école, Vincent Peillon a du boulot !

 

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Published by GIHER - dans société
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commentaires

Fethi 27/09/2012 11:40


à neuf ans c'est déjà les "devoirs"...je n'ose plus prononcer ce mot quand on fait...les leçons avec ma fille...Bonne journée

mocekx 22/09/2012 13:43


je partage votre avis!

Jacques 22/09/2012 12:38


Je ne voulais pas dire que la reproductibilité du raisonnement devait provoquer une réflexion de la part des enfants. Le fait de résoudre un pb engendre inconsciemment (et
surtout pour l'enfant) une certaine confiance dans le raisonnement qui a conduit à la solution ; lequel doit donc faire l'objet d'un "debriefing", afin d'aborder le prochain pb de même nature en
profitant d'un acquis. Néanmoins je ne considère pas ma remarque comme une vérité absolue… et je trouve en deuxième rideau que ce pb. est assez pertinent, plutôt mieux que les robinets et les
baignoires.

mocekx 22/09/2012 10:51


l'énoncé ne conduit qu'un seul résultat. Le résultat est obtenu non pas par tatonnement mais par un raisonnement logique en partant du chiffre des dizaines de la classe des unités. Comme toutes
les mathématiques le langage est convenu et il résulte d'un enseignement (chiffres consécutifs, classes des unités et des mille)  Le problème de la reproductibilité est hors de portée de la
majorité des enfants de cet âge. Si on veut vraiment en faire état le resultat sera différent mais le raisonnement sera reproductible si la somme de chiffres de la classe des unités est inférieur
à 10

Jacques 20/09/2012 18:56


Je trouve que la nature du pb. posé n'est pas exagérément déplacée. J'y ferais cependant deux observations. La première porte sur le langage employé par la maitresse. La "classe des unités
simples", les "chiffres consécutifs" sont des notions qui ont nécessairement dû faire l'objet d'un enseignement préalable (je connaissais les nombres consécutifs, ou successifs, mais pas les
chiffres consécutifs…). Bon, on peut admettre qu'il s'agit d'un langage convenu. La deuxième observation est plus fondamentale, car elle porte sur le raisonnement : Ce pb se résout ici par
tâtonnements et, dès lors qu'on tient une solution, rien ne nous aide pour affirmer qu'elle est unique, et évaluer dans quelles circonstances  ce raisonnement est reproductible. On peut
craindre que l'enfant en fasse inconsciemment un mode de pensée, lequel pourrait à terme l'handicaper dans l'apprentissage des mathématiques. En revanche, une carrière politique… pourquoi pas ?

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